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L’appel de l’entrepreneuriat

Fondateur de Peinture Montréal Design, Pierre Levasseur a quitté un emploi bien payé au tournant de la cinquantaine pour lancer sa propre entreprise.
Photo David Riendeau Fondateur de Peinture Montréal Design, Pierre Levasseur a quitté un emploi bien payé au tournant de la cinquantaine pour lancer sa propre entreprise.

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Ses anciens employeurs lui ont fait miroiter qu’un jour, il deviendrait leur associé. Las des paroles en l’air, Pierre Levasseur s’est retroussé les manches et a créé sa propre entreprise au tournant de la cinquantaine.

« J’ai grandi avec l’idée que j’étais né pour un petit pain, lance-t-il, alors qu’il inspecte un de ses chantiers dans le Quartier latin de Montréal. Ce sont mes expériences de travail qui m’ont donné la confiance nécessaire pour devenir mon propre patron. »

Fier de son parcours

À 51 ans, Pierre Levasseur est fier du chemin parcouru. Il a laissé un salaire dans les six chiffres et un véhicule fourni par son employeur pour lancer Peinture Montréal Design. Sa PME de peinture en bâtiment emploie une demi-douzaine de travailleurs et ses clients réguliers le maintiennent occupé.

L’homme a fait ses débuts dans la construction il y a 20 ans comme estimateur et évaluateur de bâtiment. Un important entrepreneur de la métropole l’avait embauché.

« Il m’a pris sous son aile. Avec le temps, je suis devenu son bras droit et j’ai gagné en assurance. Il faut dire que je ne comptais pas les heures. J’en mangeais ! »

Quand Pierre manifeste son intérêt d’acquérir des parts de l’entreprise, la réponse du patron se fait évasive. Plus le temps passe, plus il comprend que l’association tant espérée ne surviendra jamais.

« Il n’était jamais prêt ! » Après 10 ans de bons et loyaux services, il démissionne.

Ils s’associent

Un entrepreneur de l’Outaouais approche alors Pierre Levasseur pour ouvrir un bureau à Montréal. Il accepte un salaire moindre à condition que, 12 mois plus tard, les deux hommes s’associent.

« Après un an et demi, on a enfin jeté les bases de notre association, raconte-t-il. Ne manquait plus que de passer chez le notaire. Mais chaque fois, il me servait une excuse pour retarder la signature. Pour gagner du temps, il a fait changer les termes du contrat. » Après six mois de ce petit jeu, il se brouille et se fait congédier.

Entre-temps, le bureau montréalais était passé de 2 à 12 employés et son chiffre d’affaires frisait 1,5 million de dollars.

« Malgré la frustration de ne pas devenir associé, je savais maintenant que j’étais capable de faire grandir un projet. »

Un entrepreneur en peinture de bâtiment retient vite ses services. Cette fois-ci, il ne lui fait pas connaître ses ambitions. Son idée est faite : pour devenir propriétaire, il devait créer sa propre PME. Ce qu’il fera quelques années plus tard.

« Le jour où j’ai remis ma démission et que je me suis installé dans mon bureau à la maison, j’ai été pris de vertige. Grâce à l’hypothèque de ma maison, j’avais des liquidités pour tenir le coup, mais je sentais que je n’avais pas droit à l’erreur. »

Quelques contrats accordés par d’anciens contacts lui permettent de décoller rapidement. Évidemment, tout n’est pas rose. « Le stress est permanent, surtout au début avec les périodes creuses, les pépins sur les chantiers et les mauvais payeurs. C’est plus difficile que je le pensais, mais je demeure satisfait de mon choix. »

Expansion modeste

À sa troisième année d’activités, le président rêve d’une expansion modeste pour Peinture Montréal Design. « Je n’aspire pas à devenir millionnaire. Faire le tour du monde à ma retraite, très peu pour moi. À ce stade-ci, l’important est de donner un bon service à mes clients et de pouvoir m’entourer d’employés fiables. C’est ma plus grande satisfaction. »

Céderait-il un jour des parts de son entreprise à un employé ? L’entrepreneur répond après un court silence.

« Si je trouve quelqu’un qui se démène comme je l’ai fait dans le passé, je m’associerais avec lui, ne serait-ce que pour conserver un bon élément. »