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Éducation: libre choix aux parents

Éducation: libre choix aux parents
Photo d’archives

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Québec solidaire promet, s’ils remportent les prochaines élections, de mettre fin au financement gouvernemental aux écoles privées. Le parti de gauche pense ainsi faire épargner 100 M$ à l’État tout en augmentant le soutien aux écoles publiques, elles qui recevraient 63 000 étudiants de plus au sein de leur réseau.

Quelques chiffres intéressants

  • 125 000 étudiants fréquentent les écoles privées du Québec (Source gouvernement).
  • Il en coûte environ 12 000 $ par enfant dans le réseau public, par élève au secondaire.
  • Dans les écoles privées, les parents assument 40 % des droits de scolarité de leur enfant, c’est-à-dire, une moyenne de 4500 $ par individu. (voir ici tableau 1, page 13. Indexé pour 2017

Une économie?

Québec solidaire prétend qu’en coupant le financement public aux écoles privées, 50 % des 125 000 élèves ne pourraient encaisser cette hausse et s’inscriraient dans une école publique.

Sans aide gouvernementale, je m’excuse, mais beaucoup plus de parents n’auraient tout simplement plus les moyens d’envoyer leurs enfants dans ces écoles et n’auraient d’autre choix que de renoncer à ce choix. Est-ce 70 %, 80 % ou 90 %? Je l’ignore, mais c’est certainement au-delà de 50 %.

Ceci étant dit, si le gouvernement se trouve à payer 100 % de la facture d’éducation au lieu du 60 % de 80 000 à 100 000 enfants supplémentaires, il est évident qu’au lieu d’avoir des économies, nous paierons collectivement davantage. En fait, 100 000 élèves de plus couteraient 450 millions $ de plus. À ce montant, nous devons retrancher les subventions données aux écoles privées que nous ne verserions plus, c’est-à-dire (7500 $ x 25 000 élèves = 187,5 millions $).

De plus, est-ce que les écoles publiques actuelles ont la capacité d’accueillir 100 000 étudiants de plus à la prochaine rentrée? Sinon, combien faudra-t-il investir pour agrandir les écoles ou pour en construire de nouvelles?

Un choix individuel

Il est faux de prétendre que la majorité des parents qui font le choix de l’école privée sont tous des «riches». Je connais plusieurs couples avec des revenus familiaux de 80 000 à 100 000 $ avant impôt qui ont fait ce choix. Ces parents, ils se serrent la ceinture, il renonce aux vacances d’été et aux petites sorties pour offrir à leurs enfants la meilleure éducation qui soit. 

Comprenez-moi bien, je ne dis pas que les écoles publiques n’offrent pas une bonne qualité d’enseignement, mais l’encadrement des élèves y est en général supérieur dans les écoles privées, ne serait-ce que parce qu’il y a moins d’élèves à superviser. D’ailleurs, permettez-moi de vous souligner que je suis moi-même un produit de l’école publique.

Le modèle unique

Après le patriarcat, c’est le mot privé qui fait hantise chez les solidaires. Ils ont un préjugé positif envers tout ce qui est étatique. Sans le privé, les écoles publiques auraient-elles ressenti de la pression pour développer des programmes à vocation comme le sport-étude, art-étude, ou encore les nombreux parcours internationaux et linguistiques? Le secteur privé se distingue du public parce que pour avoir des clients, il se doit d’être performant sans quoi, les portes se fermeront.

Pourquoi un jeune politicien comme Gabriel Nadeau-Dubois voudrait-il empêcher des milliers d’enfants d’avoir accès à ce dont il a lui-même bénéficié au Collège Regina Assumpta de Montréal? «Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais».   

L’État omniprésent, l’interdiction de tout ce qui priver et la création de monopoles gouvernementaux, c’est un peu ça la lente soviétisation du Québec. Jean-François Lisée n’a pas tort quand il parle du «Politburo».