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La censure: version féministe

opinions - bombardier

HYLAS and the NYMPHS de John William Wath
Photo tirée du site commons.wikimedia.org

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Qui eût cru que des féministes ayant dans le passé revendiqué l’égalité des sexes en matière de sexualité, qui en 1970 arra­chaient leur soutien-gorge, signe d’émancipation, lors de manifestations à Wall Street, seraient en 2018 les alliées d’islamistes­­­ obsédés par le corps des femmes ?

En dénonçant des chefs-d’œuvre de la peinture qui rendent hommage au corps féminin, les nouvelles censeures incarnent une régression sociale, morale et politique.

Ce sont des mères fouettardes, qui ressemblent aux pères Fouettards de l’époque du catholicisme borné, et qui, du haut de la chaire, intimaient aux femmes de s’habiller pudiquement pour ne pas provoquer sexuellement la gent masculine.

Ces combattantes prudes reprennent l’admonition de Tartuffe dans la pièce de Molière : « Couvrez ce sein que je ne saurais voir. /Par de pareils objets les âmes sont blessées, /Et cela fait venir de coupables pensées. » À leurs yeux, la représentation du corps féminin dénudé contribuerait à instrumentaliser les femmes au profit du désir de l’homme.

Délire

Nous sommes ici en plein délire, car hélas ! ces exhortations féministes s’accompagnent d’une culpabilisation des hommes, ces salauds qui veulent tous nous agresser et nous violer, c’est bien connu.

Qui eût pu imaginer que des féministes à l’idéologie tordue et pathétique tomberaient dans le pire des pièges, celui de vouloir protéger les femmes à leur corps défendant. Comment avec une stupidité désolante des femmes se réclamant par ailleurs de leur époque peuvent-elles confondre des tableaux de nu avec des photos d’une danseuse dénudée se frottant autour de son poteau ?

Ces féministes de gauche justifient également le port du niqab et de la burqa au nom de la liberté des femmes de s’habiller selon leur choix. Il ne faut pas être futé pour se rendre compte que ces vêtements sont imposés par des hommes barbus, qui font ainsi disparaître de l’espace public les femmes, qui sont leur bien propre et dont ils disposent selon leur bon vouloir. Ce sont des obsédés comme l’étaient nos religieux d’antan, habités par le péché d’impureté.

Les féministes sont en train de provoquer ici et ailleurs en Occident des secousses telluriques qui ébranlent les assises mêmes du mouvement féministe.

Modernité assiégée

Les femmes se sont battues non pas pour faire reculer la modernité et les libertés, mais bien pour qu’elles en soient aussi les héritières. La majorité des féministes n’a jamais imaginé sans doute que des porte-parole radicales et sectaires appelleraient de leurs vœux que les musées soient vidés d’œuvres rendant hommage au corps féminin et que la langue soit éradiquée de mots jugés impurs et insultants pour les femmes. Enfin, que des traditions millénaires de culture archaïque, offensantes pour les femmes, soient défendues par ces mêmes femmes et reçoivent l’approbation des doctrinaires religieux et féministes, ce qui est la même chose.

Enfin, ces féministes ont-elles conscience qu’elles nuisent à la cause, qu’elles éloignent de jeunes femmes de ce noble combat ou pire, qu’elles en endoctrinent d’autres pour en faire des guerrières de choc dans la guerre ouverte contre les hommes ?

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