/entertainment/music
Navigation

Ludovick Bourgeois: plus qu’une voix en héritage

Ludovick Bourgeois: plus qu’une voix en héritage
Photo d'archives, Dario Ayala

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL – Un an s’est écoulé depuis que Ludovick Bourgeois a frappé les esprits aux auditions de La Voix tant sa voix et sa bouille évoquaient son père, le chanteur Patrick Bourgeois.

Vainqueur à la populaire émission et promenant depuis peu un premier opus sur les routes du Québec, Ludovick Bourgeois continue de rendre hommage au meneur des BB, emporté par le cancer en novembre, tout en déployant peu à peu ses propres couleurs.

Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir rassembleur de La Voix ou celui du rockeur Éric Lapointe, qui, en rejoignant son poulain sur scène, n’a pas eu à remuer le petit doigt pour qu’on entonne à l’unisson Terre promise. Reste que le public de tous âges réuni jeudi au Théâtre St-Denis, surtout dans les rangées à l’avant, était là pour la rentrée montréalaise de Ludovick.

Notre gaillard n’a rien à envier aux sensations de sa génération: il a, pour ainsi dire, la même aura, le même bagou qu’un Shawn Mendes, par exemple. Dommage que la piètre qualité du son, en ouverture, n’ait pas rendu justice à ses sérénades – Milliardaire de toi et surtout l’accrocheuse Je reprends le temps –, qui contiennent juste ce qu’il faut pour susciter les cris stridents.

Un hommage attendu

«Je suis très choyé d’être ici avec autant de gens», a-t-il lâché, entouré de Luc Catellier à la batterie, Jean-François Langevin à la basse et Martin Bachand à la guitare, tandis que son coach s’avançait dans les clameurs.

Avec Ma main sur ton épaule, une pièce poignante que signe Ingrid St-Pierre sur son album, le jeune homme de 25 ans a amorcé l’hommage à celui qui lui a pavé la voie. Ce moment, l’assistance l’attendait. Elle s’est aussitôt fait entendre sur Donne-moi ma chance, puis s’est levée pour battre la cadence sur T’es dans la lune et Fais attention. Un saut dans le temps récompensé d’une ovation avant l’entracte.

Le second lever de rideau a nettement tranché avec la première partie, American Woman (The Guess Who) et Yellow (Coldplay) marquant un retour en piste résolument plus rock. Un style qui convient au jeune talent.

L’influence d’un mentor

Travis Cormier, un autre protégé d’Éric Lapointe et invité spécial, a lui aussi fait grimper les décibels lorsqu'il s'est pointé sur scène. En duo, Ludovick et lui ont entre autres entonné Drops of Jupiter (Duo Travis), qu’ils ont eu l’occasion d’étrenner ensemble cet été en tournée avec leur mentor. L’influence de celui-ci sur leur prestation est d’ailleurs indéniable, Ludovick occupant de mieux en mieux l’espace.

Si la voix de notre hôte a eu quelques difficultés à briser la glace, elle a rapidement repris son assurance dès que le chanteur s’est libéré de sa guitare pour interagir avec la salle. Les changements de registre sont également devenus plus aisés, notamment sur Don’t Stop Believin’, un titre de Journey livré sans effort avant de boucler la soirée avec Desert Song, Dreams on Hold et la désormais emblématique Tu ne sauras jamais.