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6 mois de formation pour 100 000$ par an

Malgré des salaires très élevés, l’industrie minière n’arrive pas à combler ses besoins de main-d’œuvre

geneviève morin
Photo david prince Geneviève Morin dans des locaux qui simulent des conduits de ventilation d’une mine au cégep de l’Abitibi-Témiscamingue à Rouyn-Noranda.

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ROUYN-NORANDA | Les besoins de travailleurs dans le domaine minier sont tellement grands que les employeurs s’arrachent les finissants de la formation professionnelle.

Au Centre de formation professionnelle de la Baie-James situé à Chibougamau, environ 200 étudiants chaque année obtiennent un diplôme pour travailler dans le domaine minier. Mais c’est insuffisant.

« Actuellement, nos étudiants se font offrir des emplois avant d’avoir terminé leurs études. L’employeur le plus rapide et le plus compétitif l’emporte », a résumé la directrice du Centre, Sonia Caron.

Avec des formations de quatre à six mois, les étudiants se font offrir des emplois qui rapportent entre 80 000 $ et 100 000 $, parfois plus selon les bonis et les primes d’éloignement.

« Notre principal défi est de faire connaître l’industrie minière à l’extérieur des régions minières. Plusieurs ont encore l’image de c qui sont exploités. Pourtant, les salaires sont très bons et les horaires de travail intéressants aussi », a dit Mme Caron.

Dans le Nord-du-Québec, plusieurs mines offrent un système de navette aérienne de type fly in fly out.

6000 postes à pourvoir d’ici 5 ans

D’ici cinq ans, on prévoit qu’il y aura plus de 6000 postes à pourvoir dans les mines, dont 66 % nécessitent de la formation professionnelle.

Au cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, on sent bien la relance dans l’industrie minière depuis un an. Les offres d’emploi pour des techniciens sont cependant moins nombreuses qu’en formation professionnelle.

« J’ai passé quelques entrevues jusqu’à présent, mais les entreprises avaient besoin de main-d’œuvre maintenant et n’étaient pas prêtes à attendre en mai », raconte Geneviève Morin, 37 ans, qui obtiendra son diplôme dans trois mois.

Elle est cependant persuadée de trouver un poste alors que se déroulera bientôt un salon des carrières où les mines viendront rencontrer les finissants.

Le coordonnateur du département de technologie minérale, Marc Legault, n’est pas du tout inquiet pour ses étudiants.

« La demande est très forte et je ne vois pas de baisse en vue pour les prochaines années », a-t-il dit.

La directrice générale du comité sectoriel de main-d’œuvre dans les mines, Kathy Gauthier, affirme que les minières ont beaucoup de difficulté à recruter des employés, malgré des salaires attrayants.

Dans les dernières années, les mines sont devenues plus technologiques, ce qui a facilité le travail et augmenté de beaucoup la sécurité.

« Il faut faire connaître la nouvelle réalité minière », souligne Mme Gauthier.

Forte demande

  • Emplois d’ici 2021 : 6648
  • Formation professionnelle : 66 %
  • Cégep : 13 %
  • Université : 7 %
  • Autres : 14 %

Emplois par région d’ici 2021

  • Nord-du-Québec : 3331
  • Côte-Nord : 1921
  • Abitibi-Témiscamingue : 1012

Les 5 emplois les plus recherchés

  • Opérateur de machinerie lourde
  • Foreur pour la sécurisation des galeries
  • Mécanicien de machinerie lourde
  • Foreur long trou
  • Concierge-maintenance

Source : Estimation des besoins de main-d’œuvre du secteur minier au Québec