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Le controversé salaire de Martine Ouellet approuvé

Après de longues discussions, le Bloc québécois versera 95 000$ à sa chef Martine Ouellet

La chef du Bloc québécois, Martine Ouellette, a donné le ton au
Photo Caroline Lepage La chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, a donné le ton au conseil général de son parti, qui se tenait à Drummondville, samedi.

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DRUMMONDVILLE | Après la controverse des derniers jours et de longues discussions samedi, les membres du Bloc québécois ont consenti à verser un salaire annuel de 95 000 $ à leur chef, Martine Ouellet.

Les quelque 250 membres du parti réunis à Drummondville pour leur conseil général ont voté de façon majoritaire pour un budget 2018 de 1,1 million $, qui inclut le salaire de leur chef.

Martine Ouellet, qui touchera également une allocation de transition à la fin de son mandat à l’Assemblée nationale en octobre, a dit ne pas comprendre « toutes les discussions » qu’elle a entendues au sujet de son salaire cette semaine.

« C’est tout à fait normal d’avoir un salaire. Ça s’est fait pour d’autres chefs avant moi », a-t-elle plaidé.

Elle juge aussi que le salaire demandé est raisonnable.

« Le parti est capable de payer un salaire à la chef. C’est un parti qui est en bonne santé et qui n’a pas de dette. On a une grande croissance des revenus », a exprimé l’ancienne ministre des Ressources naturelles.

Années de vache maigre

Devant les journalistes, les militants ont tous appuyé la chef. Mais en coulisses, une certaine résistance se faisait sentir : le double salaire de Mme Ouellet continuait de soulever des questions.

Joint par Le Journal, l’ancien chef du Bloc québécois Daniel Paillé a souligné qu’avec son allocation de départ de l’Assemblée nationale, Martine Ouellet gagnera environ 200 000 $ en 2018.

« C’est pas pire pour faire de la politique, a-t-il lancé avec ironie. Moi, j’aurais pris [l’allocation de départ] et ça m’aurait suffi. »

La réalité actuelle contraste avec les années de vache maigre du parti, après sa déconfiture en mai 2011. Comme chef en 2012 et 2013, M. Paillé recevait un salaire annuel de 25 000 $.

Absent du conseil général de samedi, comme plusieurs autres ténors souverainistes, Gilles Duceppe a refusé de commenter le choix des membres. « C’est à eux à décider », a répondu celui qui a dirigé la troupe de 1997 à 2011.

Lors de son court retour à la tête du Bloc québécois, de juin à octobre 2015, M. Duceppe n’avait pas demandé de salaire, car il recevait déjà une pension.

Flèches contre son parti

Dans son discours d’ouverture samedi, Martine Ouellet a lancé quelques flèches aux membres de son propre parti, notamment à propos du « coulage » d’information. Cette semaine, plusieurs médias ont dévoilé le salaire qu’elle demandait.

« Du coulage juste avant un événement important du parti, comme cette semaine, sans aucun respect du travail des instances, ça ne nous fait pas avancer. J’observe ce phénomène depuis presque un an, de l’intérieur », a-t-elle dénoncé.

La femme de 47 ans a aussi admis qu’elle sentait de la « résistance au changement » depuis qu’elle est aux commandes du Bloc.

« On pourrait être encore plus efficaces si les joueurs/joueuses de notre propre équipe ne scoraient pas dans nos propres buts », a-t-elle mentionné.

– Avec TVA Nouvelles et Catherine Montambeault

 

Ce qu’ils ont dit

La chef du Bloc québécois, Martine Ouellette, a donné le ton au
Photo Dominique Lahaye

« C’est tout à fait raisonnable comme niveau de rémunération. Si on fait des comparaisons, un chef de parti reconnu à la Chambre des communes, c’est environ 250 000 $. Un député à la Chambre des communes, c’est 175 000 $. »

– Xavier Barsalou-Duval, député et chef parlementaire du Bloc québécois

La chef du Bloc québécois, Martine Ouellette, a donné le ton au
Photo Martin Alarie

« Dans le cadre d’un parti politique comme le Bloc québécois, qui n’a pas une grosse cagnotte électorale, ce qu’on ramasse doit servir à gagner une élection. »

– Daniel Paillé, ancien chef du Bloc

La chef du Bloc québécois, Martine Ouellette, a donné le ton au
Photo Chantal Poirier

« Si on veut avoir des gens compétents, il faut donner des conditions de travail [...] un salaire convenables. »

– Mario Beaulieu, président du Bloc québécois