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Ce qui agace les jeunes anglos

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Le peu d’accès à la fonction publique

Les anglophones sont si peu représentés au sein de la fonction publique provinciale que « ça en est obscène », s’indigne Colin Standish, 31 ans, qui a grandi à Cookshire-Eaton, en Estrie, avant de déménager à Toronto il y a deux ans.
 
Seulement 1 % des fonctionnaires québécois sont anglophones, alors qu’ils représentent 13,7 % de la population, selon les chiffres du Secrétariat aux relations avec les Québécois d’expression anglaise.
 
« J’ai l’impression que c’est plus dur de se trouver un emploi au gouvernement du Québec quand on est anglophone », avoue Chelsea Crook, 24 ans.
 
Outre une probable discrimination basée sur la langue, il y a aussi une raison géographique à cela, puisque la plupart des ministères se situent à Québec, où la proportion de résidents anglophones est faible, explique le professeur Richard Bourhis.

Les incidents « on est au Québec ici »

Photo Dominique Scali
Cet été, Anthony Williams se trouvait dans un restaurant à Montréal avec des amis en visite de Toronto. Il dit que le serveur a refusé de leur répondre en anglais, leur rappelant qu’au Québec, on parle français. « Mais c’étaient des touristes ! s’exclame-t-il. J’étais tellement gêné. Je ne cesse de leur vanter Montréal, et voilà qu’un incident horrible comme ça leur arrive. J’étais déçu. »
 
Il y a aussi des chauffeurs d’autobus qui sont grossiers, qui ne font que répondre en français, même dans les coins de Montréal où il y a beaucoup d’anglophones, abonde Chelsea Crook. « Ceux qui ont une mentalité “eux contre nous”. Mais je crois que la plupart des gens sont raisonnables », soutient la jeune femme.

Se sentir jugé

Photo Dominique Scali
Kevin Black (à gauche sur la photo), 23 ans, a parfois le sentiment d’être jugé par les francophones quand il sert des clients en français. S’il n’arrive pas à trouver le mot juste, il est gêné et a parfois l’impression que le client est exaspéré, explique ce jeune acteur qui a grandi dans l’ouest de Montréal.
 
« J’étais à Paris récemment. Les gens trouvaient ça cool que je parle français. J’étais tellement content. C’était la première fois que j’étais fier de parler français. »

Se faire dire de ne pas utiliser « Bonjour, hi »

Photo Dominique Scali
Bien avant la controverse de l’automne dernier, Jennifer Saint-Louis (à gauche sur la photo), s’était fait rabrouer par un client francophone parce qu’elle l’avait accueilli en disant « Bonjour, hi ». C’est d’ailleurs ce genre d’incident qui lui donne l’impression que dans certains contextes, les relations entre anglophones et francophones sont conflictuelles.
 
Les jeunes se sentent affectés par la controverse parce qu’ils sont nombreux à travailler avec le public, notamment dans le cadre de leur boulot étudiant, observe Anthony Williams. « Certains se sont dit : “Mon Dieu ! Je pourrais perdre mon emploi si je cessais de dire bonjour, hi” », illustre-t-il.