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De jeunes anglos songent à partir

Jennifer St-Louis (à gauche) et Ailyn Morales (à droite) sont âgées de 17 ans et étudient au collège Dawson à Montréal. Elles envisagent toutes deux de quitter le Québec
un jour.
Photo Dominique Scali Jennifer St-Louis (à gauche) et Ailyn Morales (à droite) sont âgées de 17 ans et étudient au collège Dawson à Montréal. Elles envisagent toutes deux de quitter le Québec un jour.

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Frustrés et inquiets pour leur avenir, la moitié des jeunes anglophones du Québec estiment que leurs relations avec les francophones sont conflictuelles, au point où certains décident de quitter la province.

« Ma fille est partie. Mes trois neveux aussi », énumère Dida Berku, conseillère municipale à Côte-Saint-Luc.

Un sondage Léger mené pour le compte du Journal dans la foulée du débat du « Bonjour, hi » et du Adidas Gate, l’automne dernier, fait état de frustrations dans la communauté anglophone. De nombreux jeunes rencontrés dans les dernières semaines ne sentent pas qu’ils ont un avenir au Québec et pensent partir. Un peu comme s’ils disaient « Au revoir, bye ».

Quant à l’ensemble des anglophones sondés, tous âges confondus, ils revendiquent davantage d’affichage bilingue et un accueil dans les deux langues.

Et la loi 101 ? Il est temps de l’assouplir, croit la majorité d’entre eux, qui pensent que le français n’est plus menacé comme il y a 40 ans (à lire demain).

Un jeune sur deux

Comme plusieurs jeunes anglophones, Aleesha Grimes, 18 ans, envisage de quitter Stanstead, en Estrie, pour l’Ontario. Le Journal publiera lundi le portrait de communautés anglophones où la pauvreté et le vieillissement de la population sont endémiques.  
Photo Dominique Scali
Comme plusieurs jeunes anglophones, Aleesha Grimes, 18 ans, envisage de quitter Stanstead, en Estrie, pour l’Ontario. Le Journal publiera lundi le portrait de communautés anglophones où la pauvreté et le vieillissement de la population sont endémiques.  

Un anglophone sur trois estime que les relations entre francos et anglos sont plutôt conflictuelles. Cette statistique passe à près d’un répondant sur deux chez les jeunes de 18 à 35 ans.

Cet écart notable étonne Christian Bourque, vice-président exécutif chez Léger. La moitié des jeunes ont une perception qui n’est partagée que par une minorité dans la population anglaise, explique-t-il.

Un jeune sur trois considère même que les relations continueront à se dégrader.

Anthony Williams est président de l’association étudiante du collège Dawson. Il remarque que les jeunes anglophones sont souvent déçus lorsqu’ils tentent de percer sur le marché du travail québécois. Ils ont l’impression que leur français n’est pas à la hauteur. « C’est probablement de là que vient leur frustration », explique-t-il.

« Terrifié »

« Moi-même, je suis parfois terrifié à l’idée de parler français. J’ai peur d’être jugé sur mon accent », raconte l’homme de 30 ans, originaire de Montréal-Ouest.

Les jeunes anglophones qui quittent en masse sont éduqués et talentueux, déplorent de nombreux anglophones rencontrés par Le Journal.

« Ils sont partis. Et ils ne reviendront pas », insiste Ruth Kovac, aussi conseillère municipale dans Côte-Saint-Luc.

« J’ai l’impression que j’aurais plus de succès en allant ailleurs », dit Aylin Morales. À 17 ans, l’étudiante du collège Dawson à Montréal sait déjà qu’elle a l’intention de quitter la province pour Toronto ou Ottawa après ses études.


♦ La controverse « Bonjour, hi » a fait rage en novembre quand des politiciens de plusieurs partis ont invité les commerçants à s’en tenir au « bonjour » pour accueillir leurs clients.


♦ Lors de la rouverture de la boutique Adidas de Montréal, en novembre, le gérant a mis le feu aux poudres en disant quelques mots en français « pour accommoder la Ville de Montréal », a-t-il précisé.

 

Vox pop: que pensent les Anglos des Francos?

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