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Fini, les batailles dans les cours d’école

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Disputes, sentiment d’être jugé, malaise. Les tensions entre jeunes anglophones et francophones ne se manifestent plus par de la violence physique comme par le passé.
Même qu’en région rurale, tout le monde se côtoie avec joie, notent plusieurs anglophones. 
 
« Mon père me raconte qu’à son époque, il y avait des batailles qui opposaient les francos et les anglos. On n’entend plus ça du tout », dit Devin Keenan, 18 ans, originaire de Richmond, en Estrie. 
 
L’époque où les jeunes en venaient aux poings et se traitaient de « têtes carrées » ou de « frogs » est donc révolue, selon plusieurs anglophones.
 
Ces derniers sont d’ailleurs plus bilingues qu’avant, notamment parce qu’ils ont presque tous été en immersion française au sein de leur école anglaise, indique Richard Bourhis, professeur à l’UQAM.
 
Des jeunes racontent toutefois avoir eu des altercations avec des francophones qui leur reprochaient le fait qu’ils parlaient anglais ou que leur français était insuffisant. 
 
Respect svp
 
« Si une personne peine à me servir en anglais parce qu’elle ne le parle pas très bien, ce n’est pas grave. Mais pas besoin de se fâcher parce que je parle anglais. C’est une question de respect », dit Jennifer Saint-Louis, 17 ans, qui note que certains francophones semblent exaspérés par la présence de l’anglais. 
 
La ministre des Relations avec les Québécois d’expression anglaise, Kathleen Weil, considère que ce sont les débats linguistiques et politiques qui sont perçus comme conflictuels par les jeunes. Ce ne sont pas leurs rapports au quotidien avec l’autre solitude.
 
Bon nombre de jeunes anglophones ne ressentent d’ailleurs aucune frustration envers la majorité francophone, comme c’est le cas de huit étudiants en sciences de l’agriculture rencontrés par Le Journal
 
Problème urbain
 
« Honnêtement, je dirais que tout le monde s’entend très bien », dit Andrew Boersen, 21 ans, président de 4-H Québec, un club qui réunit surtout des jeunes du milieu agricole. Ils disent tous avoir des francos parmi leurs amis ou dans leur famille. 
 
En milieu rural, il n’y a pas de ségrégation entre les anglos et les francos, dit Michael Murray, président de la Commission scolaire Eastern Townships, en Estrie. Alors qu’à Montréal, il est possible de vivre chacun de son côté, les populations anglaises étant concentrées dans certains quartiers. 
<b>Dida Berku</b><br />
Conseillère municipale
Photo courtoisie
Dida Berku
Conseillère municipale

« Il doit y avoir plus de rapprochements entre francos et anglos. C’est ça qui est crucial », insiste Dida Berku, conseillère municipale à Côte-Saint-Luc.