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Inquiétude et interrogation!

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Photo d’archives, Joël Lemay Carey Price, il n’y a pas si longtemps, était un gardien de référence. Maintenant, il n’est que l’ombre de lui-même.

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Il y a quelques jours, au cours d’une conversation avec Jean-Sébastien Giguère sur le travail et les performances de Carey Price depuis le début de la saison, je lui ai demandé s’il avait une petite idée de ce qui se passe avec le gardien du Tricolore.

Jean-Sébastien est un fin observateur. Il peut analyser le style de tous les gardiens en insistant sur plusieurs facteurs. Dans le dossier de Price, il n’a pas hésité un seul instant.

« C’est impossible qu’un gardien perde tous ses attributs en l’espace de quelques mois. Je n’y crois pas. »

Carey Price demeure dans l’évaluation de Jiggy un gardien de premier plan, mais est-il toujours un gardien d’exception ? Voilà une question sans réponse pour le moment, mais je suis persuadé que l’ex-gardien des Ducks doit, pour sa part, s’interroger sur le sujet.

Un fait est certain, les performances de Price soulèvent bien des interrogations et le match de jeudi en Arizona n’est pas de nature à rassurer ses plus fidèles partisans.

Et, surtout pas ceux qui lui verseront, à partir de l’an prochain, la jolie somme de 84 millions de dollars pour les huit prochaines saisons.

Price, il n’y a pas si longtemps, était un gardien de référence. On vantait sa technique, on lui reconnaissait une vision exceptionnelle, très peu de gardiens dans la Ligue, ajoutait-on, pouvaient avoir une lecture du jeu comme lui.

Son calme était une source d’inspiration pour ses coéquipiers et comme Ken Hitchcock l’avait précisé lors d’un passage au Centre Bell alors qu’il dirigeait les Blues de St. Louis, « c’est le gardien le plus intimidant de la Ligue ».

Ce gardien, où est-il passé ?

C’est vrai qu’il n’a plus devant lui une défense fiable, une défense pouvant relever les défis de taille. Et, depuis deux mois, ça se gâte alors que le leader de l’unité défensive, Shea Weber, est à l’infirmerie. Également, le gardien n’a pas devant lui une attaque lui offrant un coussin. Ce qu’il a devant lui, c’est une équipe ordinaire, une formation qui ne va nulle part.

Par contre, on ne peut pas nier qu’il appartient au groupe des responsables de cet état de fait.

Un but... deux buts

Je reconnais qu’il se retrouve dans une situation difficile. Il accorde un but et ses espoirs de victoire s’amenuisent de 50 %. Il accorde deux buts et il a de fortes chances de perdre le match.

S’il n’est pas aussi dominant que par le passé, on peut en dire tout autant de quelques vétérans qui refusent carrément d’assumer leurs responsabilités, laissant l’adversité les mener par le bout du nez. Il en découle que cette équipe n’a plus de personnalité parce que les joueurs identifiés pour mener la troupe vers les objectifs fixés ont baissé les bras devant une administration tout à fait dépassée par les événements.

Ça ne devrait pourtant pas être une excuse. Les erreurs répétées par les décideurs ne devraient pas influencer les engagements que prend un athlète quand il signe un contrat. Mais, quand le leadership est inexistant dans les bureaux administratifs, il y a de très fortes chances que ça se reflète dans le vestiaire.

Celui qui aurait pu modifier quelque peu la donne au cours de cette terrible saison, Carey Price, n’est que l’ombre de lui-même. Un exemple : quand le Canadien a réduit l’écart à un seul but, en troisième période jeudi soir, après avoir tiré de l’arrière 0 à 3, il avait alors besoin d’un arrêt de la part du gardien.

Surtout que Max Pacioretty, qui ne laisse plus aucun doute sur ses intentions de quitter la formation – son comportement est la réponse à toutes les interrogations –, était au banc des pénalités, une pénalité écopée dans le territoire des Coyotes. Je peux comprendre que le Canadien était en infériorité numérique, mais, dans le passé, Price sortait toujours un lapin de son chapeau et parvenait à stopper l’adversaire.

On ne voit plus ce gardien. Ce gardien qui anticipait ce que l’adversaire était pour lui offrir comme attaque. Ce n’est plus ce gardien que l’on voit cette saison.

Quoi faire ?

Ce n’est certainement pas l’athlète de 10 M$ dont l’entente s’ébranlera à partir d’octobre prochain. Dans les bureaux administratifs, quand on fait le bilan de la situation et qu’on s’arrête sur le dossier de Price, on n’a sûrement pas perdu espoir bien que le doute occupe sûrement une petite place dans la tête des décideurs.

On doit assurément avancer que la défense sera nettement plus responsable avec le retour de Weber. Mais, il ne faudrait pas oublier qu’avant la perte du vétéran défenseur, ce n’était pas reluisant.

Price était méconnaissable.

L’est-il toujours ?

Il soulève plutôt les interrogations.