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Une quadriplégique endettée lutte pour garder sa maison

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Un grave accident de voiture en 2010 a laissé Isabelle, 30 ans, quadriplégique. Sans assurance pour compenser la perte de revenus et ayant connu plusieurs complications médicales, elle a cumulé quelques milliers de dollars de dettes qui l’ont conduite à rencontrer un syndic.

Quadriplégique depuis qu’elle a 23 ans, Isabelle n’en a pas moins lutté pour conserver son autonomie. Ainsi, malgré ses revenus limités, elle a réussi à acquérir une maison qu’elle a fait adapter aux besoins d’une personne handicapée. Plusieurs problèmes de santé ont néanmoins engendré des dépenses supplémentaires, car elle a dû embaucher des aides à domicile. Par-dessus le marché, la plomberie de sa maison a nécessité d’importants travaux. Aujourd’hui, elle se retrouve avec une dette de 21 800 $, incluant des factures impayées à Hydro-Québec (2800 $), le solde de sa dette d’études (2000 $) et des montants sur ses cartes de crédit (17 000 $ à un taux d’intérêt d’environ 20 %). Comment se sortir de cette pénible situation ?

Garder sa maison à tout prix

Isabelle ne peut compter que sur une prestation de la SAAQ pour vivre, d’un montant de 1543 $ par mois, explique Patrick Roberge, syndic autorisé en insolvabilité chez Raymond Chabot. Compte tenu de son handicap, il lui est impossible de travailler et d’améliorer ses revenus, aussi, peu d’options s’offrent à elle. « Sa priorité était de conserver sa maison, car elle a fait faire des travaux pour l’aménager selon ses besoins. De plus, le paiement mensuel de l’hypothèque, 620 $ incluant les taxes, est relativement bas », explique M. Roberge. Si elle perdait sa résidence, Isabelle aurait sans doute beaucoup de difficulté à trouver un logement adapté et dont le loyer serait d’un montant équivalent.

« Or, l’équité sur sa maison s’élève à plus de 100 000 $. Dans ces conditions, en cas de faillite, sa propriété aurait dû être vendue, car elle aurait facilement permis de rembourser les créanciers. Ce n’était donc pas une option pour notre cliente », souligne M. Roberge.

Une campagne de financement

La solution suggérée par le syndic est une proposition de consommateur. Celle-ci respecte la capacité de payer d’Isabelle, mais doit tenir compte de l’équité disponible sur la maison. La jeune femme s’engage donc à payer la totalité de ce qu’elle doit par le biais d’un versement de 100 $ par mois pendant 60 mois, soit une somme de 6000 $, auquel elle devra ajouter un montant additionnel chaque année de façon à avoir liquidé ses dettes au bout de cinq ans.

Habituellement, dans le cadre d’une proposition de consommateur, seule une partie de la dette est remboursée, mais malheureusement pour Isabelle, ses créanciers n’ont pas accepté ce compromis. Cette entente lui permet toutefois de conserver sa maison, ce qui lui tenait particulièrement à cœur.

Comment fera-t-elle pour trouver les sommes manquantes, soit environ 16 000 $ sur cinq ans ? « Elle a créé une page sur le site GoFundMe pour démarrer une campagne de financement afin de soutenir sa cause. Tous les dons seront utilisés pour rembourser ses créanciers », mentionne le syndic. Il ne reste plus qu’à espérer qu’elle réussira à atteindre son objectif.

Sa situation financière

Actifs

  • Résidence : Valeur d’environ 250 000 $
  • Meubles et effets personnels : 7000 $

Dettes

  • Cartes de crédit : 17 000 $ portant intérêt
  • Hydro-Québec : 2800 $
  • Dettes d’études : 2000 $
  • Total : 21 800 $

Revenus mensuels

  • Prestations de la SAAQ : 1543 $ par mois

Dépenses mensuelles

  • 1580 $ (hypothèque, épicerie, électricité, téléphone, femme de ménage, etc.)