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Une solution afin de réunir les deux solitudes

Les anglos et les francos devraient se côtoyer davantage, selon des professeurs

Bradley Dubeau, Jessica Rouleau et Andrew Boersen participent à un club agricole à Sainte-Anne-de-Bellevue. Ils disent ne pas vivre les mêmes problèmes avec les francophones que les anglophones qui habitent dans la région métropolitaine de Montréal.
Photo Martin Alarie Bradley Dubeau, Jessica Rouleau et Andrew Boersen participent à un club agricole à Sainte-Anne-de-Bellevue. Ils disent ne pas vivre les mêmes problèmes avec les francophones que les anglophones qui habitent dans la région métropolitaine de Montréal.

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Certains anglophones entrent au cégep sans jamais avoir côtoyé de francophones et vice-versa, remarquent des enseignants qui font naître des liens d’amitié entre des jeunes des deux solitudes.
Anthony Williams a grandi dans un quartier anglophone, à Montréal-Ouest. Il avoue avoir connu peu de francophones dans sa jeunesse.
 
« J’avais l’impression que les francos étaient tous pareils, qu’ils étaient tous très nationalistes, par exemple. » C’est ensuite en apprenant à en connaître que ces préjugés sont tombés.
 
Philippe Gagné a largement observé ce phénomène, étant professeur de français langue seconde au collège Vanier, à Montréal. 
 
« Souvent, ils ont même tendance à sous-estimer à quel point le Québec est francophone. » C’est surtout le cas pour ceux qui sont peu sortis de la métropole.
 
Philippe Gagné explique que pour beaucoup de jeunes, le français est vu comme une langue imposée. Or, quand ils commencent à avoir des amis francophones, leur stress envers le français diminue et leur motivation à l’apprendre grandit.
 
Un déclic
 
C’est pour créer ce déclic que M. Gagné s’est allié avec une professeure d’anglais du cégep de Victoriaville, où les anglophones sont rares. Pour une troisième année, ils ont jumelé leurs élèves en fonction de leurs intérêts et leurs passions.
 
Grâce à des échanges virtuels, les jeunes apprennent à se connaître et peuvent s’aider à améliorer la langue de l’autre.
 
Dès la première année, ses étudiants ont demandé à se rendre à Victoriaville pour rencontrer leurs homologues francophones en personne. 
 
« J’ai même un 10 % d’élèves qui ont gardé contact », se félicite Martine Thibodeau du cégep de Victoriaville.
 
Rôle du ministère
 
M. Gagné croit que ce genre de jumelage devrait se faire plus tôt dans la vie des jeunes pour que les relations entre anglos et francos s’améliorent. 
 
« On a des quartiers où les écoles sont voisines et on n’en profite pas. »
 
« On ne peut pas blâmer des jeunes qui sortent du secondaire de n’avoir pas eu de contacts avec des francophones. Le ministère de l’Éducation a son rôle à jouer là-dedans », affirme M. Gagné.

♦ Le ministère de l’Éducation indique qu’un tel programme de jumelage entre écoles existe et que 13 pairages ont eu lieu depuis le début de l’année 2017-2018.