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Bonnes adresses université McGill
Photo d'archives, Agence QMI Université McGill

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Hier, je me suis levé d’excellente humeur.

Plus que deux semaines, et c’est le mois de mars ! Et on annonce des températures au-dessus de zéro toute la semaine !

À 8 h 30, je pressais mes oranges en chantant à tue-tête.

Mais 10 minutes plus tard, je pleurais à chaudes larmes dans le salon.

UNE MINORITÉ ÉTOUFFÉE !

« Mais qu’est-ce qui t’arrive, papa ? m’a demandé mon fils, inquiet.

J’ai lu le dossier sur les anglos dans Le Journal, et leur calvaire m’a brisé le cœur... Bou hou hou ! »

Imaginez...

Les anglophones qui travaillent dans les commerces ont peur de se faire rabrouer par des clients francophones quand ils disent « Bonjour, hi! »

Mais que fait la Commission des droits de la personne, diantre ? Vite, qu’on appelle l’ONU !

Une minorité est en train de se faire maltraiter, et on ne réagit pas ! La communauté internationale les regarde souffrir sans rien dire !

Qu’est-ce qu’on attend pour agir ? Que le PQ prenne le pouvoir et que Jean-François Lisée construise un mur autour de Westmount ?

Les pauvres... Il n’y a que deux universités anglaises à Montréal, McGill et Concordia !

Et que trois gros hôpitaux anglais, le CUSM, le Jewish et le General !

On les étouffe, on les écrase, on les étrangle !

Vite, envoyez les Casques bleus ! Contactez Amnistie internationale !

Cessez le massacre !

LA LANGUE PENDANTE

En 1976, les anglos avaient peut-être de bonnes raisons de quitter le Québec.

Mais en 2018 ?

À part la SSJB et Impératif français, qui vivotent tant bien que mal dans leur coin (et qui passent de plus en plus pour des organismes folkloriques et poussiéreux, comme le Cercle des fermières ou les Chevaliers de Colomb), qui se soucie de la langue française ?

Oui, bon, on grimpe dans les rideaux tous les deux ans, quand un tata organise une conférence de presse en anglais uniquement, mais en général, on s’en fout...

Il n’y a plus que Gilles Proulx et Mathieu Bock-Côté pour s’inquiéter de l’anglicisation rampante de Montréal.

C’est même rendu full trendy de mêler les two langages, ça fait super fashion, man, yo, brother !

Seulement le tiers des immigrants se sont inscrits aux cours de francisation entre 2010 et 2013, et tout le monde s’en fout !

Plus de 90 % des nouveaux arrivants qui complètent le cours de francisation sont incapables de fonctionner au quotidien en français.

Entre 2010 et 2016, environ 100 000 immigrants ont posé le pied au Québec sans connaître un mot de français.

Et on dit que les francophones sont trop obsédés par leur langue ?

Really ?

DES LARMES DE CROCODILE

Tous les immigrants le disent : à Montréal, si tu ne parles que français, tu ne te trouves pas de boulot. Alors que si tu ne parles qu’english, pas de problème, the sky is the limit.

Tu peux naître, grandir, vieillir et mourir au Québec sans connaître un traître mot de français ni savoir qui est Pierre Bruneau ou Véronique Cloutier.

Alors, permettez-moi de rester de glace devant les larmes de crocodile versées par les Anglo-Québécois.

Votre communauté est l’une des minorités les plus choyées au monde.