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La controverse du «bonjour, hi»

La controverse du «bonjour, hi»
Photo Dominique Scali

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Les commerçants de Montréal vont-ils abandonner la formule « Bonjour, hi », comme le souhaiteraient plusieurs politiciens ? Rien n’est moins sûr, à en juger par les réactions exaspérées (ou ironiques) de la communauté anglophone.

Rappel de la controverse

La ministre libérale Marie Montpetit a lancé le débat sur le « Bonjour, hi » lorsqu’elle a qualifié en entrevue cette formule d’« irritant » pour les francophones en novembre dernier. Le chef péquiste Jean-François Lisée a récupéré le débat et proposé une motion invitant les commerçants à abandonner l’expression. Le Parti libéral a refusé de l’appuyer, mais a finalement appuyé une version invitant à accueillir les clients avec le mot « bonjour » le 30 novembre.

Une réaction « viscérale »

Il y a longtemps que la communauté n’avait pas réagi aussi fortement à une polémique linguistique, estime Robert Libman, ancien chef du Parti Égalité, qui a été fondé pour répondre aux insatisfactions des anglophones dans les années 1980.

Les lignes ouvertes à la radio ne dérougissaient pas, les lettres ouvertes ont déferlé dans les médias anglophones, illustre-t-il. « La réaction a été viscérale. »

Résolution au conseil

En décembre, le conseil municipal de Côte-Saint-Luc a adopté une résolution proclamant cette petite ville défusionnée comme « fière communauté Bonjour, hi ».

« Nous étions choqués et déçus de notre gouvernement », explique la conseillère Ruth Kovac.

Encore plus utilisé ?

Selon Jack Jedwab, la polémique a fait en sorte qu’encore plus de gens utilisent l’expression « Bonjour, hi » qu’avant, du moins dans l’ouest de Montréal. « C’est comme une joke ou un clin d’œil entre les anglophones », interprète-t-il.

« Je ne sais pas si on l’utilise plus qu’avant, mais je crois qu’on l’utilise de façon plus délibérée, en tout cas. De façon plus consciente, pour envoyer un message, observe Ruth Kovac. Pour la plupart [des anglophones], c’est une farce, cette controverse. »

Des t-shirts « bonjour, hi »

Afin de se moquer de ce débat « ridicule », le photographe Henri Hadida a créé un t-shirt à l’effigie du symbole de Montréal avec le slogan « Bonjour, hi ». Il estime en avoir vendu une cinquantaine depuis novembre, depuis qu’il l’a rendu disponible sur eBay.

Au restaurant Notre-Boeuf-de-Grâce de Montréal (photo ci-contre), les employés pouvaient porter un t-shirt maison arborant le « Bonjour, hi » depuis plus d’un an. Le propriétaire Johnathan Dresner, 37 ans, explique qu’il a eu l’idée d’utiliser cette « signature montréalaise ». « C’est sûr que je n’aurais pas créé le t-shirt après la controverse, je n’aurais pas voulu ajouter de l’huile sur le feu », dit-il. Mais personne ne s’en est offusqué. Même que certains clients se sont mis à prendre le t-shirt en photo, ajoute-t-il.