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Une guerre interne au sein de l'Association des joueurs de la LNH

Il faut se demander si Donald Fehr sera encore actif longtemps, lui qui aura 70 ans en juillet.
Photo d’archives Il faut se demander si Donald Fehr sera encore actif longtemps, lui qui aura 70 ans en juillet.

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Si toute l’attention est sur les joueurs qui pourraient bien être échangés au cours des prochains jours, il y a en coulisse un autre dossier qui vient ébranler la direction de l’Association des joueurs de la LNH.

Dans le monde politique au Québec, on est habitué de voir les membres du Parti québécois dénoncer leur chef, peu importe lequel, dites-vous que l’AJLNH n’est pas en reste. À chaque cycle de cinq ans, il y a des membres qui demandent des comptes aux hauts dirigeants et c’est exactement ce qui se produit présentement.

Une demande rejetée

Il y a une semaine, les membres du comité exécutif de l’association des joueurs ont tenu une téléconférence (ils étaient environ une soixantaine de joueurs à y participer selon le SportsBusiness Daily) et ont discuté de la possibilité d’installer un groupe qui allait réviser les opérations du syndicat.

Il y a eu des pourparlers, mais pas de vote pour implanter cette nouvelle branche à l’AJLNH. Herp Pinder, un ancien agent aurait été celui qui aurait dirigé ce groupe de travail qui aurait passé au peigne fin les activités des dirigeants du syndicat, dont le directeur Don Fehr.

Mais qui est derrière un tel mouvement et pourquoi existe-t-il ?

Pas assez de transparence ?

Ça fait maintenant un an qu’on sent qu’il y a une certaine forme de grenouillage à l’Association des joueurs.

Ce sont surtout trois agents, Ritch Winter, Anton Thun et Kurt Overhardt qui sont à la tête de ce mouvement qui sert à discréditer Don Fehr.

Les trois hommes demandent des comptes parce qu’il y a une insatisfaction du côté de la transparence des dirigeants du syndicat.

Il y a aussi la convention collective qui déçoit grandement, alors que les joueurs ont droit à 50 % des revenus de la ligue, mais qui dans les faits, touche beaucoup plus 43 %.

Par exemple, lorsqu’un joueur est blessé ou lorsqu’un contrat est racheté, les propriétaires déduisent ces montants du pourcentage des revenus qu’ils doivent verser aux joueurs.

Ce qui semblait mineur au départ, deviens un véritable problème parce que les joueurs ne touchent pas leur part réelle du gâteau et aussi parce qu’ils doivent verser entre 10 % et 17 % de leur salaire aux propriétaires si les revenus de la ligue ne sont pas atteints comme prévu.

À la recherche de solutions

Aux États-Unis, les associations de joueurs professionnels sont tenues de montrer patte blanche.

Il faut divulguer les salaires de tous les dirigeants. Pas au Canada. Les bureaux de l’Association des joueurs de la LNH sont à Toronto et les dirigeants n’ont pas, légalement, à divulguer toutes ces informations.

C’est pourquoi il y a eu cette demande de vote la semaine dernière pour qu’un groupe de travail révise les activités de l’AJLNH. Même si c’est le statu quo présentement, il sera intéressant de voir si cette vague de fond prendra de l’ampleur.

Est-ce que d’autres agents ou d’autres joueurs vont se joindre à ceux qui demandent des comptes ? La meilleure façon de régler le dossier est que le syndicat nomme un ombudsman pour mettre fin à la grogne.

La défense

Évidemment que Donald Fehr et les dirigeants du syndicat n’ont pas l’intention de s’en laisser imposer et tentent d’être le plus transparents possible. Chaque joueur qui pose des questions aura droit à des réponses, me dit-on chez les dirigeants de l’AJLNH.

Au-delà de ces attaques, il faut aussi se demander si Donald Fehr sera encore actif longtemps, lui qui aura 70 ans au mois de juillet, sans oublier que dans un an, les négociations pour une nouvelle convention collective pourraient commencer.

Qui sera échangé ?

Il ne reste qu’une semaine avant la date limite des transactions. Chez le Canadien, il n’y a aucune indication pour le moment qu’il y aura beaucoup de mouvements. Comme je vous le mentionnais la semaine dernière, une transaction impliquant Max Pacioretty aura plus de chances d’être conclue au mois de juin lors du repêchage, alors qu’il lui reste une autre année de contrat. Dans le cas de Tomas Plekanec, il est aussi possible qu’il ne soit pas échangé parce que présentement, la demande pour lui n’est pas très grande. Est-ce que ça vaut vraiment la peine de l’échanger contre un choix de quatrième ronde ? Il y a aussi une possibilité qu’il s’entende avec l’équipe dans les prochaines semaines lui qui est prêt à accepter une diminution de salaire. Pour ce qui est de David Schlemko, son nom circule un peu partout dans la LNH.

Une grosse semaine en vue

Les Penguins pensent encore, avec raison, qu’ils ont de bonnes chances de remporter une autre coupe Stanley. Le directeur général, Jim Rutherford est à la recherche d’un joueur de centre, mais il n’a pas d’espaces sous le plafond salarial, ce qui veut dire qu’il devra échanger un joueur ou deux pour en créer. Matt Hunwick a encore deux autres années de contrat (2,25 M$ par saison) et pourrait servir d’appât. Si Jim Rutherford est en mesure de faire de l’espace, il est possible que ses yeux se tournent vers Derick Brassard, mais je ne serais pas surpris non plus qu’il ait de l’intérêt pour Tomas Plekanec. Le Canadien pourrait obtenir ainsi au moins un choix de deuxième ronde en retour.

James Neal à échanger ?

Le nom de l’attaquant James Neal s’est mis à circuler la semaine dernière, mais il serait très surprenant qu’il quitte les Golden Knights dans les prochains jours. Joueur autonome sans compensation à la fin de la saison, Neal aurait été échangé si la formation de Las Vegas ne participait pas aux séries, mais dans le contexte actuel, ce serait une erreur majeure de le voir partir. Neal a une clause de non-échange (huit équipes où il ne veut pas jouer) et les dirigeants des Golden Knights ne lui ont pas demandé sa liste des villes où il ne veut pas se retrouver. Reste que les Golden Knights seront acheteurs cette semaine, eux qui tentent de s’améliorer à la ligne bleue.