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Le marché d’occasion rapporte 4,9 milliards $ par an au Québec

Un Québécois a échangé 63 biens en moyenne l’an dernier

La responsable de la friperie Les p’tits bonheurs à Saint-Bruno, Aline Desfossés.
Photo Francis Halin La responsable de la friperie Les p’tits bonheurs à Saint-Bruno, Aline Desfossés.

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Mine de rien, les sacs de vêtements donnés à la friperie Les p’tits bonheurs de Saint-Bruno lui rapportent 330 000 $ par année, signe de la vigueur du marché d’occasion, évalué à 4,9 milliards $ au Québec.

« La friperie est notre vache à lait. C’est énorme », raconte Aline Desfossés, responsable de la friperie du Centre d’action bénévole de Saint-Bruno, en pointant du doigt avec le sourire le chiffre magique de 330 000 $ sur une feuille accrochée au mur de son bureau.

Pas moins de 140 clients franchissent le pas de sa porte chaque jour. Plus de la moitié sont des personnes dans le besoin, mais il y a aussi « des professionnels de l’occasion ».

« Jusqu’à 30 % de nos clients sont des revendeurs qui vont mettre ça sur Kijiji ou sur eBay. Ces gens-là passent une, deux, trois... ou même quatre fois par jour », poursuit-elle.

Bijoux, Lego, livres, objets vintage... ces habitués des friperies jouent du coude pour dénicher les trésors faciles à revendre à profit en ligne.

Au Québec, le marché de l’économie de seconde main s’élève à 4,9 milliards $ par an. Son PIB de 1,24 % dépasse même celui des magasins d’alimentation qui est de 1,10 %, selon un calcul effectué avec des données de Statistique Canada.

Un Québécois a échangé 63 biens en moyenne l’an dernier, comparativement à 67 en 2016, ce qui correspond à une légère baisse de près de 6 %.

Le Québec traîne de la patte

Après les Maritimes (60) d’ailleurs, c’est au Québec que l’Indice Kijiji est le plus faible (63). L’Indice Kijiji est calculé en additionnant le nombre de biens achetés à ceux vendus par personne en une année.

« Je ne pense pas qu’on puisse dire avec ce simple paramètre-là que le Québec a du retard ou un manque d’intérêt dans le domaine », estime le directeur général du Chantier de l’économie sociale, Jean-Martin Aussant.

Selon Jacques Nantel, professeur au Département de marketing de HEC Montréal, les Québécois adoptent le marché de l’occasion par souci écologique, parce que la technologie est conviviale... et aussi pour économiser de l’argent. « En termes de vente, c’est en croissance. Les marges sont importantes, notamment pour les friperies », ajoute-t-il.

Vendeurs en feu

Le directeur de l’Observatoire de la consommation responsable et coauteur de l’étude de Kijiji, Fabien Durif, indique que l’économie de seconde main est souvent l’affaire de quelques personnes très motivées.

Ces « supervendeurs » ont même parfois leur espace de stockage, comme un garage ou un entrepôt.

« Plus de 64 % des transactions de seconde main sont effectuées par environ 10 % de la population », conclut-il.

En chiffres

Participants : 79 %

Emplois soutenus : 53 450

Gains par personne : 436 $

Palmarès des biens les plus échangés

1. Vêtements

2. DVD et livres

3. Vêtements et accessoires pour bébés

4. Meubles

5. Jouets

Canaux commerciaux

1. Kijiji

2. Magasins à vocation sociale

3. Friperies

4. Réseaux sociaux

5. Ventes de garage

6. Foires ponctuelles

7. Craigslist

8. Magasins offrant de l’occasion

9. Autres sites de petites annonces

10. Autres détaillants

Source : Rapport 2018 de l’Indice Kijiji