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Le Québec anglophobe !?

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Allons-nous un jour cesser de nous faire flageller et de nous autoflageller ? Quelle expérience à la fois déprimante et accablante que de lire dans Le Journal la perception des anglophones du Québec !

Voici la plainte des derniers « maudits Anglais » qui se sentent minorisés dans le camp d’Astérix qu’est le Québec francophone, mais pour combien de temps encore ?

Eh oui, jeunes anglophones, vous qui ne trouvez pas d’emploi à cause de votre français déficient et vous, les unilingues plus âgés qui avez connu votre âge d’or dans vos quartiers ghettos ou dans vos villages désormais assiégés par les francophones, vous n’êtes donc pas à l’aise avec la loi 101.

Camille Laurin a été accusé en son temps d’être un fasciste et un nazi d’autant plus redoutable qu’il était un éminent psychiatre que vous craigniez. Car les psychiatres freudiens savent lire dans les pensées et – plus terrifiant encore – dans les arrière-pensées.

Loi 101

La loi 101 a été délestée de son poids au cours des décennies. C’est une loi anorexique, dira-t-on pour faire image. Ceux qui souhaitent son « assouplissement », voire sa disparition, sont pour la plupart des anglophones nés au Québec et ne maîtrisant pas le français.

Des affirmations erronées prétendent que les jeunes anglos sont bilingues alors que plus de la moitié sont incapables d’écrire en français ou de suivre des conversations soutenues. Pourquoi ces jeunes n’ont-ils pas appris la langue de la majorité ?

Est-ce la faute des Québécois si un anglophone unilingue, aussi jeune et diplômé qu’il soit, n’arrive pas à trouver facilement du travail ni dans la fonction publique ni dans le secteur privé ? Les jeunes francophones unilingues et aussi diplômés sont également incapables de travailler dans des secteurs d’activité où le bilinguisme est obligatoire.

Pragmatisme

Il est impensable d’envisager de briguer le poste de maire de Montréal si l’on ne s’exprime pas en anglais plus ou moins soutenu. Et ce n’est pas insulter la loi 101 que de l’affirmer. C’est pratiquer un pragmatisme de bon aloi, Montréal étant dans les faits une ville majoritairement anglophone et allophone.

La résistance à l’apprentissage du français persiste. On le voit bien dans les témoignages recueillis dans le sondage du Journal. Un vieux mépris du français perdure. Même chez des jeunes très scolarisés. Comment ne pas éprouver de la tristesse, voire de la colère devant cet état de fait ?

Quoi qu’en pensent les francophones qui dédaignent la lutte pour le français et bêlent sur tous les toits qu’ils sont des « citoyens du monde » à l’identité de caméléon, les Québécois demeurent des minoritaires. Ils ne doivent pas baisser la garde.

L’amitié se crée sur des bases d’affection, de partage, de connivences et d’égalité. Nous vivons dans nos deux solitudes. L’une a été dominée, l’autre dominante. Nous n’allons pas continuer de nous laisser culpabiliser par ceux qui refusent de nous comprendre et de nous parler dans notre langue. Quitter le Québec, se replier sur soi ou apprendre le français : voilà les options qui s’offrent aux anglophones unilingues.