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Philippe Couillard au pays des Anglo-Québécois

Philippe Couillard au pays des Anglo-Québécois
Le Journal de Québec

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Doublé par le CAQ dans les sondages, le PLQ est inquiet. Au point même de courtiser les Anglo-Québécois, sa clientèle électorale pourtant captive.

C'est un peu comme si le gérant d'un terrain de golf craignait un jour de manquer de pelouse.

Si la tendance se maintient, Philippe Couillard sait que ses appuis chez les francophones risquent d’être insuffisants pour lui assurer une victoire sûre au scrutin du 1er octobre prochain.

En même temps, il craint aussi, on ne sait trop pourquoi, de perdre une partie du vote anglophone, la clientèle très volontairement captive du PLQ, aux mains de la CAQ de François Legault.

Or, selon le dernier sondage Léger/Le Devoir, 61% des non-francophones disent encore vouloir voter libéral et 15% pour la CAQ. Du moins, pour le moment.

Qu’à cela ne tienne, le premier ministre Couillard multiplie les génuflexions insistantes devant son propre électorat anglophone.

Pour les séduire, il a nommé Kathleen Weil comme ministre responsable des Relations avec les Québécois d’expression anglaise. Il a même créé un Secrétariat aux affaires anglophones et l’a doté d’un premier budget de 1,2 million de dollars en fonds publics.

Philippe Couillard multiple également les déclarations d’amour politique envers la communauté anglo-québécoise. Il se dit inquiet de les voir quitter le Québec. Leur répète à quel point ils sont précieux. Etc.

Sa ministre Weil se dit inquiète quant à elle du faible sentiment d’appartenance des anglophones au Québec. À l’opposé, elle ne se questionne bien évidemment pas trop sur la responsabilité de cette communauté elle-même à faire de bien meilleurs efforts pour mieux s’ancrer dans la société québécoise qui, après tout, est aussi la leur.

Et c'est loin d'être fini...

Dans la Montreal Gazette de samedi, on apprenait même ceci. Dans le cadre d’un forum spécial convoqué vendredi dernier à l’Université Concordia par la ministre Weil pour rencontrer une quarantaine de leaders et d’organismes issus des communautés anglophones du Québec, elle leur a aussi appris que le prochain budget du gouvernement Couillard - comme par hasard, son dernier avant les élections -, comprendrait des sommes nécessaires à l’élaboration d’un plan d’action de cinq ans pour les Anglo-Québécois.

Et la ministre de préciser que son collègue des Finances, Carlos Leitao, teindrait aussi des consultations pré-budgétaires avec les leaders de la minorité anglophone. Question d’orienter les budgets et les décisions à venir du gouvernement sur le sujet.

Pour la minorité linguistique dite de langue officielle la plus choyée au Canada, et de loin, Philippe Couillard, fort nerveux à l’approche des élections, en fait vraiment beaucoup.

Pendant ce temps-là, son silence sur la défense du français, pourtant de plus en plus fragilisé, est de plus en plus assourdissant.

Comme quoi, le premier ministre a bel et bien fait son nid. Et son nid n’est pas celui de la défense de la langue officielle du Québec...

***

 

P.S. Dans ma chronique de demain, mardi, j’analyserai le sondage Léger réalisé pour le Journal sur les perceptions des anglophones du Québec sur le contexte politique, leur propre communauté et leurs intentions de rester ou de quitter.