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Pour Gabriella Papadakis: une médaille à saveur québécoise

Gabriella Papadakis en compagnie de Rock Therrien, le président de Neuroperforma, lors d’une séance d’entraînement à la clinique de Brossard en 2015.
Photo courtoisie Gabriella Papadakis en compagnie de Rock Therrien, le président de Neuroperforma, lors d’une séance d’entraînement à la clinique de Brossard en 2015.

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GANGNEUNG, Corée du Sud | Si les patineurs français Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron ont pu monter sur la deuxième marche du podium en danse sur glace, ils le doivent en partie à une clinique de Brossard spécialisée en matière de commotions cérébrales.

Papadakis était loin de se douter qu’elle allait remporter une médaille olympique après s’être frappée la tête et avoir subi une sévère commotion cérébrale en 2015, lors d’un entraînement tenu à Montréal où elle avait déménagé un an plus tôt en compagnie de Cizeron et de leur entraîneur Romain Haguenauer.

Sa situation physique ne s’améliorant pas, Papadakis s’était dirigée vers la clinique Neuroperforma de Brossard. Une décision qui lui aura été des plus profitables.

Neurofeedback

Les spécialistes de la clinique lui avaient fait passer un électroencéphalogramme quantitatif. À l’aide d’un casque à 19 électrodes, cette technique qui mesure l’activité cérébrale à 2400 endroits, leur avait permis de constater que les connexions entre ses neurones étaient déréglées.

«On avait alors fait entreprendre à Gabriella une série d’entraînements en neurofeedback, une technique de réadaptation qui est utilisée dans l’armée américaine», raconte le président de Neuroperforma, M. Rock Therrien.

«Avec le casque à électrodes, nous avions pu étudier l’activité cérébrale des régions du cerveau que l’on désirait entraîner. Cette méthode fait en sorte que, dès que le fonctionnement des régions ciblées s’améliore, une vidéo se met en marche.

«Le cerveau finit donc par comprendre lesquelles de ses régions sont responsables de faire avancer l’image et modifie par lui-même l’activité cérébrale dans les régions choisies, de manière à faire jouer la vidéo.

«Si les régions ciblées sont responsables de la concentration par exemple, la concentration sera améliorée de manière permanente», raconte M. Therrien.

Un légume

La mésaventure de Gabriella Papadakis, puis sa rééducation de quatre mois, avaient fait les frais d’un reportage dans le Paris-Match à l’époque.

Sous le titre flatteur «Un ange veille sur Gabriella», les lecteurs avaient pu saisir la gravité de la descente aux enfers de Papadakis.

«Les semaines suivant ma commotion cérébrale avaient été très difficiles. Je ne sortais plus de chez moi. Je devais rester couchée, j’avais perdu le sens de l’équilibre. Je parlais très lentement, j’inversais l’ordre des mots. Je n’arrivais pas à lire, j’avais d’horribles maux de tête. Je me fatiguais rapidement. J’avais perdu la mémoire. J’étais devenue un légume», y racontait en gros Papadakis.

On a pu voir que son cauchemar était bel et bien chose du passé...

► Le couple Papadakis-Cizeron a été couronné une première fois champion du monde de patinage sur glace en 2015, titre qu’il a conservé en 2016 avant de le perdre aux mains de Tessa Virtue et Scott Moir en 2017.

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