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Il est de retour

Il est de retour
TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

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Ça y est, Jean-Martin Aussant annonce son retour en politique sous la bannière du Parti québécois. Disons-le d’emblée, c’est un bon coup, et même un excellent coup. Le PQ joue bien ses cartes depuis le début de 2018, et avait besoin de ce genre de bonne nouvelle. Même s’il a déçu bien des gens (en quittant en 2013, en annonçant un retour qui n’en était pas vraiment un en 2015, et en renonçant à se lancer à la direction du PQ en 2016 après le départ de Pierre Karl Péladeau), la venue de JMA a quoi enthousiasmer les péquistes.

Je ne partage donc pas l’analyse de Luc Lavoie (de TVA) qui n’en fait qu’un personnage marginal et inconnu. C’est aussi le point de vue de ma collègue Lise Ravary. M. Aussant est un excellent pédagogue, capable de rejoindre des milieux avec lesquels le PQ ne parvient pas à connecter. Ne serait-ce que pour cette raison, son retour est tout sauf négligeable. Ses compétences en matière d’économie et de finance en feront aussi un atout important à l’équipe péquiste. Advenant l’élection d’un gouvernement du Parti québécois, il détiendrait assurément un rôle clé.

Nous aurions tort de nous limiter au maigre résultat (de moins de 2 pour cent) d’Option nationale sous sa gouverne. ON était un petit parti, sans vedette et sans expérience, et qui existait depuis moins d’un an. On cherche aussi à dénigrer JMA parce qu’il n’est pas parvenu à se faire élire dans son propre comté en 2012. Ce serait oublier que les citoyens d’une circonscription votent avant tout pour un parti, pour choisir un gouvernement. Aucun candidat indépendant n’a été élu député à l’Assemblée nationale depuis la fin de la décennie 1960. La circonscription de Nicolet-Bécancour est devenue caquiste en 2012, et l’est restée à l’élection suivante, en 2014, et JMA n’y pouvait rien. Dans un tel contexte, passer à moins de 2000 votes de la victoire comme l’a fait Aussant dans ce comté était même tout un exploit.

On verra prochainement l’impact de ce retour au bercail sur les sondages. Il faut toujours en prendre et en laisser. Si les mauvais sondages à plusieurs mois de l’élection ne veulent rien dire (Justin Trudeau était troisième au déclenchement de l’élection de 2015), une certaine embellie ne devrait pas pour autant mener les péquistes à s’asseoir sur leurs lauriers. Même une prise du pouvoir par le PQ (parce que tout peut arriver en politique) ne garantirait pas une renaissance de l’option indépendantiste.

Si le retour d’Aussant est une bonne nouvelle, il faut surtout éviter de voir en lui un sauveur. L’indépendantisme ne devrait jamais être personnalisé de la sorte, ne reposant pas sur les épaules d’un seul individu.

Pourtant, le syndrome du sauveur a la vie dure. Plusieurs raisons historiques l’expliquent. J’en parlerai sur ce blogue samedi.