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Justin Trudeau est sur la défensive

Le premier ministre nie avoir fait la comparaison entre les souverainistes québécois et les nationalistes sikhs

INDIA-CANADA-DILOMACY
Photo AFP Le premier ministre canadien Justin Trudeau et sa famille ont rencontré, hier, à New Delhi, le premier ministre de l’Inde Narendra Modi.

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OTTAWA | Critiqué de toutes parts, Justin Trudeau a nié vendredi avoir comparé l’indépendantisme québécois au violent séparatisme sikh. Si le premier ministre a bel et bien fait la comparaison, elle est irresponsable et sans fondement, jugent plusieurs intervenants.

« Le mouvement khalistanais [du nom de l’État revendiqué par les nationalistes sikhs] a fait usage d’une grande violence, surtout à son sommet dans les années 1980 et 1990. Malgré des épisodes de violence avec le FLQ [Front de libération du Québec], ça fait plusieurs décennies que les souverainistes au Québec n’ont recours qu’à des moyens pacifiques et démocratiques », a expliqué le professeur de politique à l’Université McGill, Narendra Subramanian.

Les séparatistes sikhs sont, par exemple, responsables de l’attentat contre le vol 182 d’Air India qui a fait plus de 300 morts en 1985.

Au cours d’une rencontre avec le ministre en chef de l’État du Pendjab, qui accuse depuis longtemps le gouvernement Trudeau de complaisance envers les nationalistes sikhs, le premier ministre canadien aurait cité en exemple le souverainisme québécois pour montrer « qu’il avait fait face à de telles menaces toute sa vie et qu’il était pleinement conscient des dangers de la violence ».

Le premier ministre de l’Inde a accueilli M. Trudeau avec un de ses traditionnels câlins.
Photo AFP
Le premier ministre de l’Inde a accueilli M. Trudeau avec un de ses traditionnels câlins.

« Je n’ai pas dit ça »

Justin Trudeau a nié avoir fait la comparaison rapportée dans un communiqué du gouvernement du Pendjab. « Le rapport est entièrement faux. Je n’ai pas dit ça », a-t-il assuré.

Si le premier ministre a bel et bien tenu les propos allégués, il s’agirait d’une approche irresponsable, selon le professeur de droit à l’Université de Montréal, Daniel Turp.

« Un leader canadien ne devrait jamais s’aventurer sur ce terrain-là », a commenté le dirigeant de l’Institut de recherche sur l’autodétermination des peuples et les indépendances nationales.

De son côté, le premier ministre du Québec a affirmé « qu’on peut s’enorgueillir » de la façon dont la question de la souveraineté est gérée dans la province. « Évidemment, on a eu les épisodes des années 1960, la crise d’octobre, mais depuis ces années-là, on l’a traitée de façon très pacifique et démocratique », a affirmé Philippe Couillard.

Colère dans les rangs souverainistes

Les commentaires allégués ont par ailleurs piqué au vif le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée. « Que Justin Trudeau se ridiculise en Inde, c’est son affaire. Mais identifier le mouvement indépendantiste québécois actuel à la violence est mensonger et irrespectueux », a-t-il écrit sur Twitter.

Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a quant à lui critiqué le fait que M. Trudeau accuse ses hôtes de mentir et a réclamé des excuses.

La chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, a quant à elle qualifié de fourbes les insinuations attribuées au premier ministre.

Avec bureau parlementaire, Marc-André Gagnon