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Émouvant et lumineux

Émouvant et lumineux
Photo COURTOISIE Films Séville

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D’un film à l’autre, Bernard Émond poursuit son œuvre en restant toujours fidèle à son style de cinéma ­dépouillé et contemplatif qui réfléchit sur les valeurs morales de notre société. Avec Pour vivre ici, son ­huitième et nouveau long métrage de fiction, le cinéaste signe un de ses plus beaux films à ce jour.

Pour vivre ici raconte l’histoire de Monique (Élise Guilbault), une femme dans la soixantaine qui voit son monde s’écrouler quand son mari, l’homme avec qui elle a passé la majeure partie de sa vie, meurt subitement d’une crise cardiaque.

Se sentant bien seule dans sa maison de Baie-Comeau, Monique entreprend un voyage pour aller rendre visite à son fils et sa fille à Montréal. Mais après avoir été accueillie dans l’indifférence totale par ses enfants et ses petits-enfants, elle décide de poursuivre son road trip pour retourner sur les lieux de son enfance, dans le nord de l’Ontario.

Retrouvant son actrice fétiche pour une quatrième fois (Élise Guilbault), Bernard Émond a choisi de revisiter une fois de plus certains thèmes qui lui sont chers, comme le deuil, ­l’isolement et la ­transmission.

Dans Pour vivre ici, le cinéaste se questionne notamment sur le fossé qui s’est creusé entre les générations au Québec. En se rendant à Montréal pour visiter ses enfants, Monique espère pouvoir trouver un peu de réconfort et de chaleur humaine. Elle se heurte plutôt à deux adultes égocentriques et ­ambitieux qui semblent avoir déjà coupé tous leurs liens avec la région de la Côte-Nord où ils ont grandi.

Prendre le temps

Évidemment, comme dans tout film de Bernard Émond, le rythme est lent, voire contemplatif. L’émotion passe dans les silences, les regards et le non-dit. Amoureux des régions, Émond n’hésite pas à prendre le temps de filmer longuement les superbes paysages hivernaux de la Côte-Nord, comme en témoigne la scène d’ouverture de son film, un magnifique plan large sur un lac enneigé.

Une grande partie de la réussite de Pour vivre ici repose aussi sur la performance subtile et émouvante d’Élise Guilbault qui, d’un seul ­regard, réussit à nous toucher droit au cœur. Par sa forte présence à l’écran, elle porte sur ses épaules ce beau film gracieux et lumineux qui mérite d’être vu.

Présentement à ­l’affiche.

  • Pour vivre ici (4/5)

Un drame de Bernard Émond

Avec Élise Guilbault, Sophie Desmarais, Amena Ahmad, Danny Gilmore, Marie Bernier et Angèle Coutu.