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De plus en plus de médecins contre les hausses de salaire

Cet argent serait, selon eux, mieux placé pour améliorer le système de santé

La médecin spécialiste et urgentologue Mélissa Ranger fait partie des 250 docteurs et étudiants qui ont signé une lettre ouverte demandant d’annuler les hausses salariales de 2 milliards de dollars accordées aux médecins spécialistes par le gouvernement.
capture d’écran, tva nouvelles La médecin spécialiste et urgentologue Mélissa Ranger fait partie des 250 docteurs et étudiants qui ont signé une lettre ouverte demandant d’annuler les hausses salariales de 2 milliards de dollars accordées aux médecins spécialistes par le gouvernement.

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De plus en plus de médecins spécialistes s’élèvent pour dénoncer les hausses de salaire qui leur ont été accordées par le gouvernement, car ils jugent que cet argent serait mieux investi pour améliorer les soins aux patients.

« Vous me donnerez tout l’argent du monde, mais je n’ai pas l’impression de faire un bon travail actuellement », a déploré, lundi, la médecin spécialiste et urgentologue de Longueuil Mélissa Ranger à TVA Nouvelles.

Elle fait partie des 250 docteurs et étudiants en médecine qui ont signé une lettre ouverte pour demander l’annulation des hausses salariales consenties par Québec au début du mois.

Hausses choquantes

« Ces augmentations sont d’autant plus choquantes que nos collègues infirmières, préposés, commis et autres professionnels subissent des conditions de travail très difficiles tandis que nos patients vivent avec le manque d’accès aux services requis à cause des coupures draconiennes [...] La seule chose qui semble être immune aux coupes est notre rémunération », écrivent les Médecins québécois pour le régime public, qui ont signé la lettre.

Des milliards de dollars

L’entente conclue entre la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) et le gouvernement coûtera environ 2 milliards de dollars en hausses de salaire rétroactives et futures.

D’abord décriée par la population, l’entente est désormais rejetée par des spécialistes, de plus en plus nombreux, et qui pourtant en bénéficieraient.

« Ce n’est pas parce que 10 délégués à la Fédération des médecins spécialistes tiennent absolument [aux hausses salariales] que les 10 000 médecins spécialistes sont d’accord », a dénoncé la Dre Ranger.

En tant qu’urgentologue, elle voit quotidiennement des patients « fâchés et épuisés, pris en otage dans un système déficitaire », dit-elle.

La Dre Ranger a rappelé que la médecine est un métier qu’elle fait d’abord et avant tout par passion et non pour l’argent.

« Le système de santé est malade », a-t-elle plaidé, jugeant que cet argent serait plus utile ailleurs.

Elle n’est d’ailleurs pas la seule. Dimanche, les médecins spécialistes Hugo Viens et Alain Vadeboncœur ont aussi exprimé leur inconfort vis-à-vis de l’entente à l’émission Tout le monde en parle.

Puis, un étudiant en médecine de Québec, Frédéric Cloutier, a exprimé sa « honte » devant les hausses salariales, remettant même en question son choix de devenir docteur dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir la semaine dernière.

Désinformation

Pour sa part, la présidente de la FMSQ, Diane Francœur, a accusé les médias de verser dans la désinformation au sujet de l’entente conclue dans un message envoyé à ses membres. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a quant à lui déclaré que c’était aux médecins de s’entendre entre eux.