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Le slameur missionnaire

MC June
Photo Frédéric T. Muckle MC June

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MONTRÉAL - Un slameur québécois s’apprête à partir autour du monde pour faire découvrir le plaisir de l’écriture aux élèves d’écoles et de programmes francophones.

Le rappeur, slameur et poète MC June part la semaine prochaine pour une série de concerts et d’ateliers d’écritures dans des lycées et des universités aux États-Unis, en Autriche, Suisse, Arménie et Russie où il utilisera le slam et le «freestyle», une technique d’improvisation prédominante dans le hip-hop, pour amener des gens à s’intéresser à la poésie.

«La poésie, ça intéresse des jeunes, mais ça intéresse moins de personnes entre autres parce que c’est plus difficile à comprendre, explique l’artiste de 37 ans qui a sorti son dernier album, «Vérités», l’an dernier et son tout premier recueil de poésie titré «Prendre ma vie en main» en 2013. Il faut souvent une culture du langage plus aiguisée. »

«Le slam je trouve que ça peut être un langage plus familier, poursuit-il. Si tu réussis à accrocher des jeunes au slam, éventuellement ils vont s’intéresser davantage à une poésie travaillée à «l’ancienne».»

Depuis 2010, MC June a donné plus de 300 concerts et 1 500 ateliers, majoritairement au Québec et dans les autres communautés francophones du Canada.

«Les gens ont leur propre culture, mais au final on est là pour échanger notre savoir [...] et connecter», raconte le slameur globe-trotter, à propos des similitudes entre son travail ici et outre-mer.

Tout lâcher pour son art

MC June, qui donne environ 250 ateliers et de nombreux concerts avec le collectif d’improvisation musicale Kalmunity Vibe Collective chaque année, a pris du temps avant de se lancer corps et âme dans sa carrière de slameur.

C’est à 29 ans qu’il a décidé de quitter un emploi qu’il occupait depuis 12 ans dans une compagnie de distribution de matériel électrique et de demander un prêt à la banque pour tenter sa chance.

«Il y a des gens qui empruntent pour acheter une maison, moi j’ai demandé un prêt pour me lancer dans ce que j’aime, » résume MC June.

L’artiste, entrepreneur et nouvellement père de famille met aujourd’hui à profit ses compétences en gestion, acquises à son ancien boulot, et celle de l’artiste Fabrice Koffy par l’entremise de l’Agence Cent Onze, une petite boite de production qu’il a fondée avec sa femme en 2015.