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Le panier de crabes

Jean-Martin Aussant, sans être un «sauveur» pour autant, fait néanmoins partie des joueurs essentiels au PQ.
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Jean-Martin Aussant, sans être un «sauveur» pour autant, fait néanmoins partie des joueurs essentiels au PQ.

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Véritable forteresse péquiste depuis des décennies, Pointe-aux-Trembles est en voie de s’imposer comme le nouveau comté baromètre du Québec. Qui l’eût cru ? Du Parti québécois ou de la CAQ, lequel finira par le remporter au soir du 1er octobre prochain ?

Pour Jean-Martin Aussant, l’ex-chef d’Option nationale de retour au bercail péquiste, sa plongée étonnante dans Pointe-aux-Trembles s’annonçait déjà ardue. Obligé de batailler à l’investiture du PQ contre Maxime Laporte de la Société Saint-Jean-Baptiste, ce duel risque de virer en une pénible lutte de clans au sein même du mouvement souverainiste.

Messieurs Aussant et Laporte auront beau se draper dans leur intention louable de « rassembler », dans les faits, difficile de voir comment ils réussiront un tel exploit. Si le PQ trônait au sommet des intentions de vote, il pourrait sûrement se permettre de regarder le combat sans trop s’inquiéter.

La réalité est cependant aux antipodes. Bloqué au 3e rang derrière la CAQ et les libéraux, le PQ n’a surtout pas besoin d’une division aussi spectaculaire au sein de ses propres rangs. Pis encore, entre deux candidats de qualité.

Qui plus est, M. Aussant, sans être un « sauveur » pour autant, fait néanmoins partie des joueurs essentiels au PQ. Tout comme le sont avec d’autres les Véronique Hivon et Pascal Bérubé.

Le lapin

Le chef péquiste Jean-François Lisée, lui-même impopulaire, n’a nullement le luxe de se passer de M. Aussant. Ne manque plus que leur ex-chef Pierre Karl Péladeau pour compléter une équipe qui, à défaut de caracoler dans les sondages, aurait du tonus pour la campagne et la suite des choses.

Or, c’était sans compter sur le talent inouï d’un certain François Legault à sortir un lapin de son chapeau au moment où on l’attend le moins. À l’élection de 2012, la candidature surprise de Jacques Duchesneau lui avait fourni tout un élan. Cette fois-ci, le chef caquiste étonne avec sa nouvelle recrue surprise : Chantal Rouleau, la redoutable mairesse de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

Même si sa décision de demeurer mairesse d’ici l’élection en agacera plusieurs, la sous-estimer serait une grave erreur. Comme l’ADQ avant elle, la CAQ rêve de franchir les portes de Montréal. Pointe-aux-Trembles lui en donnera-t-elle les clés ?

Écueils

Dans ce comté métamorphosé soudainement en panier de crabes, deux écueils guettent les péquistes. De un, la certitude de perdre Aussant ou Laporte comme candidat. De deux, si jamais la CAQ poursuivait sa montée pendant la campagne électorale, la possibilité d’avoir une candidate caquiste « ministrable » pourrait aussi s’avérer fort attirante pour les électeurs.

Bien sûr, il reste encore une éternité ou deux d’ici le scrutin. Rien n’est joué, comme on dit. Quant à Jean-Martin Aussant, le courage certain dont il a su faire montre en montant sur un navire qui prend l’eau, il en aura aussi besoin pour affronter Maxime Laporte. Et s’il remporte l’investiture, pour faire face ensuite à Chantal Rouleau.

Dans Pointe-aux-Trembles, les affrontements ne font que commencer.