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C’est le début de la fin pour le Bloc de Martine Ouellet

La vague des sept départs est de mauvais augure pour la survie du parti

Martine Ouellet<br>
<i>Chef du Bloc</i>
Photo Boris Proulx Martine Ouellet
Chef du Bloc

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OTTAWA | L’arrêt de mort du Bloc québécois pourrait avoir été signé par le départ de 7 de ses 10 députés hier, du moins si la chef s’entête à rester, croient d’ex-chefs et des politologues.

« C’est dangereux pour la survie du parti. Martine Ouellet n’a pas d’autres choix que de quitter. Quand 70 % des membres du caucus disent que ça ne fonctionne pas... je n’ai jamais vu ça en politique », tranche l’ex-chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.

Départs

Faute d’avoir obtenu le départ de Mme Ouellet, exigé tant pour sa personnalité intransigeante que pour sa vision du parti, les sept élus qui ont claqué la porte siègent désormais comme indépendants.

Ému, le plus ancien député à la Chambre des communes et cofondateur du Bloc québécois, Louis Plamondon (au centre), a annoncé avec six autres collègues qu’il quittait les rangs de son parti, écœuré par l’attitude et la vision de la chef Martine Ouellet.
Photo capture d’écran TVA Nouvelles
Ému, le plus ancien député à la Chambre des communes et cofondateur du Bloc québécois, Louis Plamondon (au centre), a annoncé avec six autres collègues qu’il quittait les rangs de son parti, écœuré par l’attitude et la vision de la chef Martine Ouellet.

Ils forment le « Groupe parlementaire québécois ». Il n’est pas reconnu comme un parti officiel, puisque comptant moins de 12 élus, mais il aura deux fois le temps de parole des bloquistes.

Parmi eux, le doyen de la Chambre des communes et cofondateur du Bloc, Louis Plamondon, admet que son parti ne sortira pas grandi de cette chicane.

« La crise qui secoue le Bloc québécois est néfaste tant pour le parti lui-même que pour le mouvement souverainiste », a-t-il lâché, ému.

Il ajoute toutefois garder sa carte de membre du Bloc et voudrait se représenter en 2019 pour ce parti, si Mme Ouellet laisse sa place. « Je suis parti, mais j’espère avoir seulement dit au revoir. »

La fin

« Je vois difficilement comment le parti peut survivre à ces départs. Je ne serais pas surpris que le Bloc disparaisse aux prochaines élections », analyse François Rocher, professeur d’études politiques à l’Université d’Ottawa.

« Ça pourrait être l’arrêt de mort du parti », avance aussi Réjean Pelletier, politologue à l’Université Laval.

Son collègue Louis Massicotte confirme qu’il sera « assez difficile pour Martine Ouellet de se présenter aux élections », alors qu’André Lamoureux, politologue à l’UQAM, parle de « dommages irréversibles ». Tous s’entendent pour dire que la politique réserve parfois des surprises et que la mort du Bloc a déjà été annoncée à tort dans le passé.

Pour l’ex-chef bloquiste entre 2011 et 2013, Daniel Paillé, si Mme Ouellet arrive à survivre politiquement à ce coup d’éclat, « le Bloc ne sera pas le même parti que celui de Duceppe et Bouchard. Celui-là n’est plus dans le décor ».

Ouellet reste

Pour Martine Ouellet, pas question de démissionner. Selon elle, son parti ne se résume pas qu’à ses élus. « J’ai l’appui des membres du Bloc », tranche-t-elle, assurant qu’elle a tout fait pour dissuader ses députés de partir.

Des échos de la colline du Parlement

« Ce qui est arrivé est regrettable. Je suis arrivée à la rencontre avec une main tendue. La porte est toujours ouverte pour leur retour. [Mais] ce n’est pas vrai qu’il n’y a plus de Bloc québécois. Le Bloc a déjà eu peu de députés à Ottawa, et il avait tout à fait sa place. »

– Martine Ouellet, chef du Bloc québécois

« Ça fait à peu près un an qu’on vit ça à l’interne. Vous pensez que c’est drôle aujourd’hui ce qui se passe ? On l’aime ce parti-là [mais] chaque semaine il y avait une confrontation, une mésentente [...] on n’est pas capable de travailler ensemble, il n’y a pas d’écoute. »

– Gabriel Ste-Marie, député indépendant

« C’est certain que de voir l’appui de la souveraineté continuer à se réduire tranquillement à travers les différents sondages, au travers des années, c’est une bonne chose pour la cause fédéraliste. »

– Justin Trudeau, premier ministre du Canada