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Acier et aluminium: l’imposition projetée est «la dernière chose dont nous avons besoin» - Michael Sabia

Acier et aluminium: l’imposition projetée est «la dernière chose dont nous avons besoin» - Michael Sabia
Dominick Gravel/Agence QMI

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L’intention du président Donald Trump de taxer les importations américaines d’acier et d’aluminium est «la dernière chose dont nous avons besoin», soutient Michael Sabia, le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Jeudi, le président américain a indiqué qu’il avait l’intention d’ordonner la semaine prochaine l'imposition de droits de douane de 25 % sur l'acier et 10 % sur l'aluminium pour soutenir les producteurs et l'emploi américains.

La nouvelle a eu l’effet d’une bombe à travers le monde, dont à Ottawa où le gouvernement canadien a jugé le projet d’«inacceptable».

Vendredi, Michael Sabia, interrogé à ce sujet par l’agence de presse financière Bloomberg, a affirmé que l’imposition de tels droits ajouterait à un «cocktail d’incertitude» qui menace de ralentir l’investissement, d’alimenter l’inflation et de faire dérailler l’économie mondiale.

«Depuis la crise, l’investissement d’affaires a vraiment été un des maillons faibles» de la croissance économique mondiale, les entreprises «ayant été très prudentes, restant assises sur beaucoup d’argent en espèces parce qu’elles n’étaient pas certaines du genre de rendement qu’elles auraient si elles investissaient», a dit M. Sabia à Bloomberg.

«Au cours des huit à 12 derniers mois, la situation s’était améliorée, les entreprises commencent à investir, a-t-il expliqué. Alors, la dernière chose dont nous avons besoin est une situation où elles recommenceraient à appuyer sur le frein.»

En outre, le grand patron de la Caisse de dépôt soutient que la réaction de la Chine déterminera l’ampleur de l’impact de l’initiative américaine.

«Les Chinois ont été assez modérés dans leurs réactions dans la plupart des dossiers, a souligné M. Sabia. S’ils réagissent à cela assez fortement, et si les Européens emboîtent le pas, vous mettez en place les bases d’un conflit commercial qui, franchement, n’est dans l’intérêt de personne.»