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Indignation après l’annonce de taxes américaines sur l’acier et l’aluminium

Indignation après l’annonce de taxes américaines sur l’acier et l’aluminium
Photo d'archives, AFP

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Washington | La menace du président américain Donald Trump, jeudi, d’imposer dès la semaine prochaine de fortes taxes sur les importations d’acier et d’aluminium aux États-Unis, a suscité des réactions indignées dans le monde, laissant poindre le risque d’une guerre commerciale.

Le locataire de la Maison-Blanche doit annoncer la mise en place de droits de douane de 25 % pour l’acier et de 10 % pour l’aluminium.

Canada

«Tout tarif ou quota qui serait imposé à notre industrie canadienne de l’acier et de l’aluminium serait inacceptable», a déclaré le ministre canadien du Commerce international, François-Philippe Champagne.

Ce pays voisin des États-Unis est son premier fournisseur d’acier et d’aluminium.

Le gouvernement canadien est surpris d’une décision qui risque finalement de jouer contre les industriels américains.

«Les États-Unis affichent un surplus de deux milliards de dollars dans le commerce de l’acier avec le Canada», a souligné la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Pour sa part, le premier ministre du Québec a indiqué jeudi que, si la surtaxe douanière s’applique également à l'aluminium canadien, les conséquences seront aussi négatives, voire pires, pour les Américains.

Chine

«La Chine demande aux États-Unis de refréner leur recours à des mesures protectionnistes et de respecter les règles du commerce multilatéral», a insisté vendredi Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

«Si d’autres pays lui emboîtaient le pas, cela aurait sans aucun doute un impact grave» sur le commerce international, a-t-elle ajouté au cours d’une conférence de presse, estimant que les États-Unis assurent d’ores et déjà «une protection excessive» à leurs producteurs locaux. Elle n’a pas évoqué, cependant, de possibles représailles ou contre-mesures de la part de Pékin.

Russie

«De nombreuses capitales européennes ont déjà exprimé leur extrême préoccupation par rapport à cette décision. Nous partageons cette préoccupation», a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

«Nous allons attentivement analyser la situation en ce qui concerne nos relations commerciales avec Washington», a-t-il ajouté.

Union européenne

«Nous regrettons fortement» cette décision américaine, a réagi Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne.

«Au lieu d’apporter une solution, cette décision ne peut qu’aggraver les choses», prévient-il dans un communiqué. «Nous ne resterons pas les bras croisés pendant que notre industrie est frappée par des mesures injustes.»

«L’UE entamera le plus tôt possible des consultations sur le règlement des différends avec les États-Unis à Genève», le siège de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ajoute dans le même communiqué la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström.

Allemagne

«Le gouvernement rejette de telles taxes douanières» qui ne permettent pas de régler le problème des surcapacités mondiales dans la sidérurgie et qui vont «fortement affecter les flux commerciaux de l’acier et de l’aluminium», a déclaré à la presse le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, Steffen Seibert.

«Le protectionnisme et les droits de douane ne sont pas la solution», a-t-il jugé, estimant qu’une «guerre commerciale» ne serait profitable à personne et, en particulier, ne serait pas dans l’intérêt de l’économie américaine.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel a pour sa part réclamé vendredi une réaction «ferme» de l’UE.

Tout comme l’association allemande de la sidérurgie Stahl, qui dénonce «des mesures qui violent les règles de l’Organisation mondiale du commerce». «Si l’Europe n’agit pas, notre sidérurgie va payer l’addition pour le protectionnisme américain», a prévenu dans un communiqué Hans Jürgen Kerkhoff, le président de Stahl.

Royaume-Uni

«Nous avons été clairs sur le fait que nous sommes particulièrement inquiets de toute mesure qui pourrait avoir des conséquences sur l’acier du Royaume-Uni et ses industries d’aluminium», a réagi dans un communiqué l’ambassade britannique à Washington, tout en assurant être en discussion avec les Américains.

Syndicat nord-américain

De son côté, le syndicat nord-américain des sidérurgistes United Steelworkers (USW), principalement actif aux États-Unis et au Canada, exige que les producteurs d’acier et d’aluminium canadiens soient exclus des mesures annoncées par Donald Trump.

«Clairement, le Canada n’est pas l’un de ces "mauvais acteurs" impliqués dans le commerce injuste et le dumping de l’aluminium et de l’acier vers les États-Unis», précise le syndicat.