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Taxe sur l’acier: le Canada appelé à se retirer de la négociation de l’ALÉNA

Taxe sur l’acier: le Canada appelé à se retirer de la négociation de l’ALÉNA
AFP

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OTTAWA | Un influent syndicat canadien a appelé vendredi son gouvernement à se retirer de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) si les États-Unis imposent une taxe sur les exportations canadiennes d’acier et d’aluminium.

Au même moment, le premier ministre canadien Justin Trudeau a averti qu’une éventuelle taxe serait « absolument inacceptable » pour le Canada et que ses impacts se feraient sentir de part et d’autre de la frontière canado-américaine.

« Si les États-Unis imposent des droits de douane sur l’acier et l’aluminium et que le Canada ne se retire pas immédiatement des pourparlers de l’ALÉNA, alors ne nous y méprenons pas, nous ne serons plus en train de négocier, mais de capituler », a déclaré Jerry Dias, président d’Unifor, premier syndicat du secteur privé au Canada.

Le président américain a annoncé jeudi qu’il promulguerait dès « la semaine prochaine » de nouvelles mesures tarifaires, évoquant des tarifs douaniers de 25% pour l’acier et de 10% pour l’aluminium sans toutefois préciser quels pays seraient visés.

Le Canada est le premier fournisseur d’acier et d’aluminium des États-Unis.

Sans commenter l’appel du syndicat, M. Trudeau a rappelé que « les États-Unis ont un surplus de 2 milliards de dollars avec le Canada dans le secteur de l’acier ».

Et compte tenu de l’imbrication des industries canadienne et américaine de l’acier et de l’aluminium, a-t-il dit, « ces propositions vont pénaliser les États-Unis tout autant que nous ».

« Il est clair que les États-Unis utilisent les droits de douane comme arme commerciale », a estimé de son côté Renaud Gagné, directeur québécois d’Unifor.

Pour M. Gagné, « ce n’est pas un hasard que ces droits soient annoncés » au moment où le Canada, les États-Unis et le Mexique sont engagés jusqu’au 5 mars à Mexico dans un septième et difficile cycle de renégociation de l’ALÉNA.

Ce cycle a donné lieu à des négociations « très productives au cours des quatre derniers jours et plein de chapitres de l’ALÉNA ont été clos », a indiqué Andrew Leslie, secrétaire parlementaire de la ministre canadienne des Affaires étrangères.

Le syndicat appelle le gouvernement canadien à adopter des mesures préventives et, si nécessaire, à des représailles pour protéger les industries et les emplois au Canada.