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Desjardins: Leur secret enfin révélé

Martin Malo
Photo courtoisie Martin Malo

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Ces derniers jours, les médias ont recrinqué la boîte à musique des fermetures et la danseuse s’exécute dans la plus majestueuse des valses. Ce mauvais vaudeville ne me fait plus rire.

Des maires qui prennent la pose les bras croisés devant un guichet, j’en ai un album plein. Ils déchirent tous leur chemise sur la place publique, certes. Malheureusement, ce striptease médiatique nous permet de voir leur tatouage : un beau gros logo de Desjardins. Quand ton festival, ton équipe de hockey et ton centre communautaire affichent pleinement le vert, tu vas sans aucun doute au micro au lieu d’aller au bâton. Que pouvons-nous espérer de tous ces élus qui promettent d’aller jaser avec monsieur Cormier ? Rien.

Un mouvement coopératif ou des élites intouchables ?

La belle parlure devra faire place à l’action citoyenne. Comment ? Par les procédures légales, uniquement. En 2015, nous avons tenté de destituer un conseil d’administration à Saint-Ambroise-de-Kildare. On cherche encore le résultat des votes. On parlera démocratie quand Desjardins acceptera que les votes soient comptés par une firme de surveillance externe. On ne peut être juge et partie en même temps. D’ailleurs, n’y a-t-il pas lieu de se questionner sur les yeux grands fermés de l’Autorité des marchés financiers dans des cas semblables et récurrents ?

Voici ce qu’il faut savoir. Au fil des années, notre coopérative fétiche a développé une expertise en communication stratégique à même le portefeuille de ses déposants. Le contrôle du message, dans notre ère de mondialisation, constitue l’arme parfaite pour diviser les troupes et gagner la guerre des tranchées de ce monde de rationalisation, voire de fermetures. Le jeu des mots, des chiffres, les doubles messages, les demi-vérités sont monnaie courante et ils font le succès... et la rémunération de tous les hauts dirigeants.

Que cachent vraiment toutes ces fermetures ?

Desjardins aspire à devenir de plus en plus virtuel. Moins de dépenses, plus de profits. Jusqu’ici, je ne vous apprends rien. Cependant, les fermetures pavent la voie depuis des années à la disparition de l’argent liquide. Oui, vous avez bien lu !

Au-delà du contrôle accru, il faut noter que toutes transactions virtuelles deviendraient source de frais de tous genres. Les institutions financières sont à la recherche du moindre profit. Nous serions donc à leur merci jusqu’à la fin des temps, et ce, sans droit de regard.

On sème présentement des graines. Les articles et les entrevues se multiplient. Desjardins s’époumone à dire qu’il est peu probable que cela arrive à court ou moyen terme. L’économiste senior, Hendrix Vachon, a d’ailleurs signé un texte à ce sujet sur leur site internet. Parions que les discussions sont déjà entamées dans les corridors des parlements.

Si « Coopérer pour créer l’avenir » signifie mettre le Québec à genoux, alors je pense qu’il faudra destituer chaque conseil d’administration, un par un, plutôt que de faire une photo devant un guichet.

Martin Malo est président de l’Action Coalition pour notre Caisse Desjardins et auteur d’un livre à paraître en avril : Le livre Noir des Élites Québécoises.