/finance
Navigation

Le pari coûteux des Jeux olympiques

La Russie a mis le paquet en 2014 en investissant 51 G$

SPO-OLYMPIQUES
Photo d'archives, Ben Pelosse Laurie Blouin a remporté une médaille d’argent à Pyeongchang.

Coup d'oeil sur cet article

Les athlètes faisant partie de la délégation canadienne à Pyeongchang sont rentrés au pays le sourire aux lèvres, le Canada ayant récolté un nombre record de médailles. Si vous n’avez pas suivi ces Jeux comme vous l’auriez souhaité en raison du décalage horaire, vous n’êtes pas au bout de vos peines.

Ces Jeux d’hiver de 2018 ont constitué la première de trois éditions consécutives des Jeux olympiques à se tenir en Asie. Les athlètes mettront le cap sur le Japon à l’été 2020, puis prendront la direction de la Chine à l’hiver 2022.

Pourquoi le Comité international olympique (CIO) a-t-il décidé d’octroyer les Jeux de 2018, de 2020 et de 2022 à trois villes se situant dans la même partie du globe ? Pour être bref, parce que personne d’autre ne voulait de ces Jeux.

De moins en moins d’intérêt

Certes, on a déjà annoncé que les Jeux d’été de 2024 et de 2028 se tiendront respectivement à Paris et à Los Angeles. Ça ne veut pas dire pour autant qu’on se bouscule aux portes du CIO pour organiser les Jeux olympiques.

C’est par défaut que Paris et Los Angeles ont été choisies. Au départ, cinq villes étaient en lice pour l’obtention des Jeux d’été de 2024. Après que la ville de Hambourg eut retiré sa candidature en 2015, Rome l’a imitée en 2016 puis Budapest a emboîté le pas en 2017. Se retrouvant avec seulement deux villes candidates, le CIO a proposé d’octroyer à chacune de ces villes une édition des Jeux d’été.

Bien que trois villes étaient dans la course pour les récents Jeux de Pyeongchang et pour ceux de Tokyo dans un an et demi, Pékin a obtenu les Jeux d’hiver de 2022 en devançant un rival du Kazakhstan qui n’était tout simplement pas de taille et à la suite du désistement de la ville d’Oslo en cours de route.

Pour les Jeux d’hiver de 2026, comme aucune ville n’a manifesté un intérêt sérieux, le CIO a décidé de prolonger le processus d’un an.

À titre de comparaison, lorsque Montréal a accueilli les Jeux d’été de 1976, elle a dû rivaliser avec des poids lourds comme Los Angeles et Moscou, qui souhaitaient ardemment être sélectionnées. Pour le centenaire des Jeux, à l’été 1996, Atlanta a dû faire mieux que cinq autres villes candidates, dont Toronto. Quatre ans plus tard, soit en 2000, Sydney a remporté une course à cinq.

Les contribuables disent non

Évidemment, la tenue des Jeux olympiques offre une énorme visibilité à la ville et au pays d’accueil. C’est une occasion unique de s’exposer au monde entier.

Par contre, toute cette visibilité a un prix. On doit construire des installations de calibre olympique qui risquent d’être sous-utilisées par la suite, dérouler le tapis rouge et traiter aux petits oignons les membres du CIO et les dignitaires avant et pendant les Jeux, sans compter les coûts astronomiques liés à la sécurité. Pour les Jeux de Vancouver en 2010, on a évalué les dépenses en matière de sécurité à un milliard de dollars.

La population locale s’y oppose vivement et ne se gêne pas pour le dire à ses politiciens. Au cours des dernières années, c’est à la suite de référendums ou de pressions populaires que des villes ont mis fin à leurs ambitions olympiques.

Bref, les politiciens semblent réaliser qu’ils ont plus à perdre qu’à gagner auprès de leur électorat en se lançant dans une telle aventure. Accueillir les Jeux olympiques est une expérience mémorable pour laquelle on peut toutefois payer pendant des années, se disent-ils. Les Montréalais en savent quelque chose.

 

Combien coûtent les Jeux ?

Jeux Coûts (en $ US)
Pyeongchang (hiver 2018) 13 milliards $
Rio (été 2016) 13,1 milliards $
Sotchi (hiver 2014) 51 milliards $
Vancouver (hiver 2010) 6,4 milliards $
Pékin (été 2008) 44 milliards $
Atlanta (été 1996) 1,8 milliard $
Calgary (hiver 1988) 715 millions $
Los Angeles (été 1984) 546 millions $
Lake Placid (hiver 1980) 169 millions $
Montréal (été 1976) 1,6 milliard $

 

Le chiffre de la semaine : 920

SPO-OLYMPIQUES
Photo d'archives, Ben Pelosse

Il y a de l’espoir pour les télédiffuseurs qui souhaiteraient participer aux enchères afin de diffuser de futurs Jeux olympiques. Le réseau américain NBC a annoncé que ses revenus publicitaires en lien avec les Jeux de Pyeongchang se chiffreront à 920 millions de dollars, permettant ainsi au réseau qui débourse des milliards en droits de diffusion de réaliser un profit pour les quatrièmes Jeux de suite.