/news/currentevents
Navigation

Cartes de crédit: explosion du nombre de plaintes pour fraude

Les fraudes par carte de crédit sont aussi courantes.
Photo Pascal Huot Les fraudes par carte de crédit sont aussi courantes.

Coup d'oeil sur cet article

Le nombre de plaintes pour fraudes de cartes de paiement a explosé depuis cinq ans, notamment en raison de la technologie qui permet des milliers de tentatives d’hameçonnage en un seul clic.

À la Sûreté du Québec (SQ), entre 2013 et 2017, les cas de fraude ont augmenté de 76 %, tandis qu’au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), elles ont explosé de 121 % pendant la même période. À Montréal, la hausse est plus modérée à 29 % sur quatre ans.

«Les technologies permettent de faire des fraudes à l’international et une seule personne peut envoyer des fraudes de masse à 10 000 personnes en même temps», souligne le capitaine Alain Gaulin, responsable au Service des enquêtes sur l’intégrité de l’économie à la Sûreté du Québec.

Au SPVQ, on souligne que la hausse des fraudes est imputable à l’augmentation des vols d’identité et des fraudes par ordinateur (hameçonnage).

Vols d’identité en hausse

Bien que les compagnies émettrices de cartes de crédit aient ajouté plusieurs mesures de sécurité pour contrer le problème, telles que les NIP et les puces, les fraudeurs ne sont pas freinés.

«On voit de moins en moins de cas de clonage de cartes de crédit, mais plus de cas d’achats sans carte en ligne et de vols d’identité», indique Valérie Lamarre, porte-parole pour le Mouvement Desjardins.

Les enquêtes sont devenues très complexes et les coupables, difficiles à épingler. Par exemple, pour l’année 2017, sur les 992 plaintes pour fraude déposées à la SQ, à ce jour seulement 179 de celles-ci se sont soldées par des accusations.

Délais contraignants

Selon le capitaine Gaulin de la SQ, non seulement les dossiers sont nombreux par rapport au nombre d’enquêteurs assignés, mais en plus les enquêtes sont limitées par les délais de prescription. Pour les fraudes de moins de 5000 $, une accusation doit être déposée dans les six mois suivants.

«Retrouver quelqu’un qui se cache derrière un ordinateur dans un lieu public, c’est complexe aussi. Je dois donc trouver qui est la personne coupable parmi les 20 qui s’y trouvaient», poursuit-il.

Une femme de Québec qui a été victime de fraude dénonce d’ailleurs le court délai de prescription. Marlène Morissette a porté plainte à la police en mars 2017 après avoir identifié, selon elle, ses présumés fraudeurs qui auraient dérobé ses cartes de crédit lors d’une soirée organisée par sa fille à la maison. Elle a remis les informations aux policiers, mais elle est choquée qu’aucune accusation n’ait été portée.

La Sûreté du Québec compte sur le mois de la prévention de la fraude, actuellement en cours, pour sensibiliser les Québécois à ce fléau.

FRAUDES EN HAUSSE FULGURANTE

•  Service de police de la Ville de Québec (SPVQ)
(fraude de cartes de crédit)
 
2013 à 2017 
168 plaintes à 371 plaintes   (+121 %)
 
•  Sûreté du Québec (SQ)
(fraude de cartes de paiement)
 
2013 à 2017 
565 plaintes à 992 plaintes   (+76 %)
 
•  Service de police de la Ville de Lévis (SPVL) 
(fraude de cartes de paiement et vols d’identité)
 
2013 à 2017 
145 plaintes à 214 plaintes   (+47 %)
 
•  Service de police de la Ville de Montréal (SPVM)
(fraude de cartes de crédit)
 
2013 à 2017*
850 plaintes à 1100 plaintes   (+29 %)
 
* Données préliminaires pour 2017