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Commission des droits de la personne: visé par une allégation d’agression sexuelle, Camil Picard démissionne

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Le président par intérim de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Camil Picard, a démissionné de ses fonctions jeudi après qu’une allégation d’agression sexuelle sur un mineur ait été mise au jour.

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a confirmé la nouvelle quelques heures après la parution de l’article du quotidien La Presse révélant qu’il a fait l’objet d’une enquête du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) en 2007.

En plus de son poste de président par intérim, Camil Picard a démissionné de son poste de vice-président de la Commission. «Je pense que, dans le contexte actuel, la démission de M. Picard s’avère une sage décision», a commenté Stéphanie Vallée, ministre responsable de l’organisme.

Les gestes reprochés se seraient déroulés dans les années 1980. En 2010, Camil Picard aurait payé 50 000$ dans le cadre d’un règlement à l’amiable confidentiel, sans reconnaître sa culpabilité. Il n’a jamais été accusé dans ce dossier.

«Les faits qui ont été dévoilés ce matin sont extrêmement troublants», a affirmé la ministre.

Lacunes sécuritaires

Malgré trois enquêtes de la Sûreté du Québec pour son habilitation sécuritaire avant d’être nommé à divers postes, le gouvernement n’a pas été avisé des faits reprochés à Camil Picard.

«Les enquêtes policières sont confidentielles, donc cette information n’a pas été portée à l’attention de notre gouvernement à l’époque, n’a pas non plus été portée à l’attention des emplois supérieurs, et M. Picard n’a jamais divulgué cette information-là lorsqu’il est entré en fonction», a expliqué Stéphanie Vallée.

La ministre reconnaît que M. Picard n’aurait probablement pas été nommé à la direction de la Commission. «Les faits révélés, s’ils avaient été portés à notre connaissance, auraient probablement mené à des décisions tout à fait autres», a-t-elle affirmé.

La ministre Vallée affirme qu’une «enquête est en cours» à la «Sécurité publique» pour déterminer comment ces informations ont pu échapper à l’enquête de sécurité.

Au cabinet du ministre de la Sécurité publique, on refuse de confirmer l’information. L’attachée de presse du ministre a référé toutes les questions à la Sûreté du Québec, qui a refusé de commenter.

Chambardements

Avant même la démission de Camil Picard, la Commission des droits de la personne était déjà secouée par le départ en congé de maladie de sa présidente en titre, Tamara Thermitus, visée par des allégations d’abus d’autorité et de mauvaise gestion.

Camil Picard sera remplacé par Philippe-André Tessier, vice-président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, durant l’absence de la présidente.