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Nourrir plusieurs bouches en respectant son budget

Deux familles nombreuses réduisent les pertes d’aliments pour y arriver

Natacha Lépine qui a neuf enfants ne passe pas inaperçue lorsqu’elle fait sa « grosse épicerie ». Elle a parfois besoin de deux paniers.
Photo d’archives, Chantal Poirier Natacha Lépine qui a neuf enfants ne passe pas inaperçue lorsqu’elle fait sa « grosse épicerie ». Elle a parfois besoin de deux paniers.

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C’est en se concentrant sur le coût par portion et en optimisant au maximum les produits qu’elles achètent que deux mères de familles nombreuses réussissent à bien se nourrir en suivant un budget rigoureux.

« Quand je vois des paquets de bœuf haché ou de poulet en spécial, je saute dessus et j’en achète plusieurs, au moins cinq ou six, raconte Natacha Lépine, de Saint-Pie, en Montérégie. Ce qui me sauve, c’est que j’ai trois congélateurs, ça ne me dérange pas de geler des choses pour plus tard. »

Pour la maman de neuf enfants âgés de trois à 14 ans, l’épicerie devient la dépense principale de la « petite » famille, qui peut consacrer jusqu’à 1700 $ par mois seulement à la nourriture.

Ce qui fait environ 155 $ par personne par mois, soit 55 $ de moins que ce que Le Journal a permis d’utiliser à une famille de Montréal qui devait faire l’expérience de couper de moitié son budget alloué à l’épicerie. C’est environ 840 $ qu’il reste à une famille de quatre, dont deux parents travaillent au salaire minimum pour se nourrir.

Loin d’être riches

« On n’a jamais manqué de rien ici. Nous sommes loin d’être riches, mais on fait des choix logiques pour y arriver. Par exemple, on n’achète jamais d’alcool », souligne Mme Lépine, 34 ans.

De son côté, Denise Jones, de Cowansville, optimise le plus possible les produits qu’elle achète pour arriver à bien faire manger les sept membres de son ménage, même si tout son salaire y passe.

« J’achète du vrai poulet de grain de la boucherie. Pas celui du supermarché qui est gonflé d’eau, illustre cette préposée aux bénéficiaires de 36 ans. Mon salaire de 13,05 $ l’heure sert entièrement à payer l’épicerie. »

Avec un poulet de 15 livres, elle arrive à concocter trois soupers pour l’ensemble du ménage, soit quatre enfants âgés de 13 à 17 ans ainsi qu’un colocataire qui aide à payer grâce au loyer de sa chambre. Mais il est inclus dans les bouches à nourrir.

Elle estime dépenser 1500 $ par mois en épicerie et pharmacie, soit 214 $ par personne, un montant semblable à ce dont disposait la famille qui s’est nourrie au salaire minimum dans le dossier publié le week-end dernier.

Ils peuvent se permettre des légumes frais tous les soirs et du steak régulièrement. Il fut une époque où les pâtes étaient un peu trop présentes dans les assiettes de ses enfants et où la macédoine en conserve remplaçait les légumes frais, se souvient-elle.

Bien cibler les items du frigo pour économiser

Les familles auraient avantage à utiliser au maximum les items achetés en épicerie au lieu de devoir les jeter, selon deux auteures de livres de cuisine qui expliquent comment économiser tout en mangeant bien.

« Il faut apprendre à bien cibler ce que tu as dans le frigo et l’utiliser au maximum pour lui donner plusieurs vies, pour éviter les pertes », explique Florence Léa-Siry, auteure de L’art de cuisiner sans gaspiller ni se ruiner.

Cette dernière, qui estime économiser en moyenne 100 $ par semaine par rapport à son ancien mode de vie, n’hésite pas à acheter en plus grande quantité, quitte à congeler certains aliments pour les réutiliser plus tard.

Créativité

« Par exemple, je m’achète toujours des poulets entiers. Même si ça prend plus de temps les arranger, ça coûte moins cher et j’utilise tout jusqu’à la carcasse. Les os peuvent être utilisés pour faire son propre bouillon de poulet, avec les retailles de mes légumes. C’est une économie », fait-elle valoir.

Elle invite les gens à devenir plus créatifs, un mode de vie qui s’acquiert avec le temps.

L’auteure de nombreux livres de cuisine, dont Zéro gaspillage, Caty Bérubé, abonde dans le même sens, estimant que le secret est une bonne planification des menus de la semaine, selon les soldes et le contenu du réfrigérateur.

« Ça semble élémentaire, mais certains ne font pas l’inventaire de leur frigo et finissent par perdre des aliments. Par exemple, lorsqu’on voit que des légumes sont sur le point de ne plus être bons, on devrait les cuisiner pour les sauver », rappelle-t-elle.

Selon elle, les gens devraient réaliser qu’investir un peu plus de temps dans la préparation de repas permet de faire des économies dans le portefeuille.

« Mais les gens manquent de temps, sans réaliser qu’ils seraient gagnants de faire ça », conclut-elle.

Un poulet, trois soupers

  • Riz aux légumes avec poulet
  • Hot chicken
  • Clubs sandwichs

À ajouter en accompagnement : frites et petits pois