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S'unir pour aider

S'unir pour aider
Photo courtoisie

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Je vais commencer tout de suite en mettant les choses au clair : je ne suis absolument pas du tout une journaliste de faits-divers, encore moins une journaliste politique ou une reporter spécialisée dans l’intégration ou le racisme. je n'ai donc pas les compétences pour débattre d'enjeux profondéments ancrés dans notre société.

Mais je suis une mère.

Depuis que le système des alertes AMBER a été instauré, à chaque fois que j’en vois une, le cœur me fait cent quarante-deux tours. Ça m’est arrivé, des fois, d’être au volant et de devoir ralentir, parce que la panique me submergeait. J’imaginais un petit gars ou une petite fille qui cherche ses parents, complètement déboussolé, à pas savoir ce qui va lui arriver. J’imaginais la douleur que tu dois ressentir quand ton enfant manque à l’appel.

Mais pas trop longtemps, parce que ça fait peur.

J’en ai imaginé, des choses, je suis une professionnelle des scénarios catastrophe, ma famille peut en témoigner. Mais jamais de ma vie, il ne m’est passé par la tête de détourner la disparition d’un enfant pour en faire un débat idéologique. Jamais.

Parce que dans l’épouvante, la couleur de la peau, on s’en tape. Quand ton enfant disparait sans laisser de trace, le monde entier doit se concentrer à le retrouver, pas à descendre le saint auquel t’as choisi de te vouer. Parce que même si le monde considère que t’as commis une erreur de jugement, à quelque part dans le processus, la seule et unique chose qui devrait guider l’humanité et tous les bien-pensants d’entrée de centre d’achat pis les grenouilles de bénitiers sporadiques; ben c’est d’ouvrir l’œil en tout temps, au cas où leurs esprits d’écornifleurs pourraient leur permettre d’observer quelque chose qui pourrait ramener l’enfant chez lui.

Depuis qu’Ariel Jeffrey Kouakou est disparu, lundi, j’ai lu des affaires dégueulasses sur les réseaux sociaux et en commentaire des diverses publications des médias. Des commentaires haineux, des propos d’une violence inouïe que je me fais un devoir de ne pas répéter ici, des jugements de valeur, des critiques de l’apparence des parents, sur leur situation financière, sur leur niveau d’éducation, sur leur façon de parler à la télévision. J’ai lu des commentaires racistes, parlant de la peau de l’enfant comme d’une fatalité.

Pourquoi, hein, depuis un certain temps, on ressent ce besoin de polluer les autres, de travestir le malheur pis de le dénaturer complètement? On est tu rendus tellement inconfortables devant les besoins des autres, que pour se déculpabiliser de notre inactivité, on les tourne en ridicule?

Je suis convaincue qu’on est capables d’oublier, le temps de retrouver un enfant qui manque à l’appel, nos différents. Je suis certaine qu’on peut arriver à s’unir pour chercher le moindre petit indice qui peut permettre à Ariel de retourner chez lui.

Prouvons-nous donc qu’on peut faire passer l’humanité en premier, pour une fois, pour que parents et enfants soient réunis le plus vite possible, et dans les meilleures conditions possibles. Fait que sortons donc dehors, regarder dans notre cabanon, s'il n'y serait pas; soyons un peu plus vigilants, en promenant le chien, gardons l'oeil ouvert, en voiture, au cas ou un petit détail attirerait notre attention. À la gang, on est capables de faire de quoi de beau, j'en suis persuadée.