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Les Shafia seront expulsés du pays

Le couple purgera avant sa peine d’emprisonnement

Procès Shafia
Photo d'archives Mohammad Shafia et Tooba Yahya, ici photographiés en 2011 lors de leur procès à Kingston en Ontario, seront expulsés du Canada au terme de leurs peines d’emprisonnement. La décision pour leur fils Hamed (à droite) n’a pas encore été rendue.

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Le couple condamné à perpé­tuité pour un crime d’honneur ayant causé la mort de quatre membres de sa famille devrait être expulsé du pays au terme de sa peine de prison.

Cette décision est tombée hier dans le cas de Tooba Yayha, mais son mari, Mohammad Shafia, l’avait reçu le 27 février dernier.

« Ça ne change pas grand-chose pour elle puisqu’elle est détenue, a mentionné l’avocat de Yayha, Stéphane Handfield, à la sortie de l’audience par visioconférence hier. Elle n’est pas admissible à une libération conditionnelle [pour l’instant]. »

Originaire d’Afghanistan, Yayha avait été condamnée à la prison à vie sans possibilité de libération avant 25 ans en 2012 pour avoir assassiné ses trois filles et la première femme de son époux.

Mohammad Shafia et leur fils Hamed avaient également écopé de peines similaires pour des meurtres prémédités.

Les victimes auraient été tuées pour laver l’honneur de la famille, notamment parce que les plus jeunes s’habillaient de façon séduisante et qu’elles fréquentaient des garçons. Leurs corps avaient été découverts dans une voiture au fond d’une écluse à Kingston Mills, en Ontario.

La Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR) a ainsi ordonné hier matin l’expulsion de Yayha vers son pays d’origine en révoquant son statut de résidente permanente.

Dans le cas de son fils Hamed, la décision n’a pas encore été rendue.

La famille avait obtenu le statut de résidente permanente en 2007 et s’était installée à Montréal.

Pas avant 16 ans

Puisqu’ils ont été condamnés à plus de six mois de pénitencier, ils ne peuvent interjeter appel.

« Elle [Yayha] aurait pu invoquer des raisons d’ordre humanitaire, affirme Me Handfield. Des recours pourront être soumis éventuellement au ministre de l’Immigration. Il faudra voir dans 16 ans [quand elle sera admissible à une libération]. »

Toutefois, la mesure d’expulsion ne peut s’appliquer tant qu’ils sont incarcérés.

« Les dossiers criminels ont priorité sur les dossiers d’immigration », explique Line-Alice Guibert-Wolff, de la CISR.

Étant donné la longueur de la peine, Me Handfield s’interroge sur les raisons qui ont poussé l’Agence des services frontaliers, qui est responsable de la demande d’enquête auprès de la commission, à vouloir procéder six ans après sa condamnation.