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Un train de vie trop élevé cause leur perte

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Tous deux fonctionnaires, Suzanne et Jules gagnent un bon salaire. Avec plus de 160 000 $ de revenu familial net par an, on pourrait croire qu’ils sont à l’abri des soucis d’argent. Et pourtant, il n’en est rien !

Il faut dire que le couple mène un bon train de vie. Avec deux voitures louées et une maison dont l’hypothèque s’élève à 400 000 $, Suzanne et Jules aiment aussi être habillés à la dernière mode et boire de bonnes bouteilles de vin.

Ces dépenses et plusieurs autres — notamment celles liées à leur consommation de tabac — finissent par peser lourd dans leur budget et leurs salaires ne suffisent plus à joindre les deux bouts. Pour compenser, ils ont eu recours aux cartes de crédit et en quelques années ont accumulé un montant de 170 000 $. Jouant sur l’offre et la demande, le couple n’a cessé de transférer ses dettes d’une carte de crédit à l’autre, la nouvelle carte servant à régler le solde de la précédente. Mais il arrive un jour où la roue du crédit cesse de tourner...

Au-dessus de leurs moyens

Désireux de trouver une solution durable sans perdre tous leurs acquis, Suzanne et Jules sont allés consulter Marc Lafrenière, syndic autorisé en insolvabilité chez Raymond Chabot. En plus des 170 000 $ en solde de cartes de crédit, le syndic a constaté qu’un montant de 20 000 $ était également dû en impôt provincial.

« Le couple travaille à Ottawa, aussi il bénéficie des déductions fiscales appliquées par les employeurs en Ontario, mais elles ne sont pas les mêmes que chez nous. Par conséquent, lorsqu’ils ont fait leur déclaration d’impôt au Québec, où se trouve leur résidence fiscale, ils se sont retrouvés avec des soldes à payer auprès de Revenu Québec, montants qui se sont accumulés et ont porté intérêt », explique-t-il.

Avec une dette totale de 190 000 $ et un paiement minimum pour les cartes de crédit de 3500 $ par mois, le couple ne sait comment sortir de l’impasse. « On pourrait penser que leur revenu mensuel net de 8700 $ leur permet de faire face à leurs obligations, mais ce n’est pas le cas, d’autant qu’il ne suffit même pas à ce qu’ils s’acquittent de leurs dépenses courantes qui s’élèvent à plus de 9100 $ mensuellement », explique M. Lafrenière.

Le syndic rappelle que le piège du crédit consiste à faire croire au consommateur qu’il dispose d’un revenu supplémentaire. « C’est une illusion dont on voit bien les limites avec le cas de Suzanne et Jules, qui ont vécu au-dessus de leurs moyens, année après année. J’ai dû les ramener à la réalité, une réalité qu’il leur a été difficile d’accepter », dit M. Lafrenière.

Couper dans les dépenses

Sur les conseils du syndic, Suzanne et Jules ont fait une proposition de consommateur, à raison de paiements de 1500 $ pendant 60 mois. Celle-ci a été acceptée par les créanciers et à terme, ils seront libérés de la totalité de leurs dettes, y compris des 20 000 $ dus à Revenu Québec. Leur dossier de crédit sera toutefois entaché durant tout le processus et jusqu’à trois ans à partir de la date de libération.

Pour ne pas se retrouver à nouveau coincés dans la spirale de l’endettement, ils ont toutefois dû entreprendre un important travail de révision de leur budget avec l’aide de Marc Lafrenière. « Il leur a fallu couper dans les dépenses. Par exemple, ils ne se servent plus que d’une seule voiture pour aller au travail et ils ont diminué leur consommation de tabac et de vin. Ils mangent davantage à la maison et moins au restaurant, et ont réduit leurs dépenses en vêtements », énumère le syndic. Au bout du compte, le couple a renoué avec une saine gestion de ses finances et un train de vie qui correspond à leurs moyens.

Leur situation financière

Actifs :

  • Maison de plus de 400 000 $ totalement hypothéquée
  • 2 voitures en location (paiement mensuel total de 950 $)

Dettes :

  • Solde de cartes de crédit : 170 000 $ portant intérêt (moyenne de 19,8 %)
  • Impôt provincial dû : 20 000 $
  • Total : 190 000 $

Revenus mensuels :

  • Jules (net) : 5300 $
  • Suzanne (net) : 3400 $
  • TOTAL : 8700 $

Dépenses mensuelles :

  • Maison (hypothèque) 1955 $
  • Taxes 420 $
  • Téléphone, câble, Internet 400 $
  • Électricité et gaz 400 $
  • Boisson et tabac 1200 $
  •  Loisirs et restaurant 500 $
  • Épicerie 1000 $
  • Soins et vêtements 500 $
  • Location automobiles 950 $
  • Entretien et essence 600 $
  • Stationnement et immatriculation 290 $
  • Assurance maison et auto 400 $
  • Animaux 500 $
  • TOTAL 9110 $