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« Le Québec fait partie de mon histoire »

Yves Duteil
Photo courtoisie, John Riggs Yves Duteil

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L’histoire d’amour entre Yves Duteil et le Québec ne date pas d’hier. En 45 ans de carrière, le Français a su laisser sa marque indélébile sur les mélomanes de la province. Et vice-versa.

« Le Québec fait partie de mon ­histoire... et, réciproquement, moi de la sienne. Mes chansons se sont invitées chez vous bien avant que je ne le soupçonne », déclare le chanteur français, de passage dans la métropole cette semaine. Il est vrai que l’œuvre d’Yves Duteil semble faire partie intégrante du paysage culturel du Québec. Sa chanson La langue de chez nous a rapidement été adoptée par les défendeurs du français de part et d’autre de l’Atlantique, tandis que son hymne Prendre un enfant a trouvé écho chez d’innombrables ­parents qui, encore aujourd’hui, ­l’utilisent à l’occasion de baptêmes.

À l’époque, il y a 40 ans, l’auteur-­compositeur-interprète était loin de se douter que ses mots allaient résonner aussi fort – et longtemps – dans toute la francophonie.

« Je n’ai jamais écrit une chanson en me disant qu’elle allait connaître un grand succès. Et c’est ça qui est magique dans ce métier. On ne sait jamais ce que les gens vont en faire, comment ils vont être touchés par ce qu’on fait. Et de savoir qu’une pièce comme Prendre un enfant accompagne les parents dans ce moment si important de la vie de leur enfant, c’est très flatteur », révèle-t-il.

Son « public préféré »

Le Québec a été le lieu de plusieurs rencontres marquantes pour Yves Duteil. Il y a eu celle avec des géants de notre culture tels que Félix Leclerc ou Gilles Vigneault. Mais il y a aussi eu cette rencontre, tout aussi décisive, avec les spectateurs québécois, qu’il n’hésite d’ailleurs pas à qualifier de « public préféré ».

« Ça m’a marqué tout de suite quand je suis venu chez vous la ­première fois. J’ai découvert un public ­extrêmement sensible, à fleur de peau. Cette ­authenticité fait que le ­public québécois ­embarque à un certain moment, mais il n’embarque jamais pour rien. Alors quand un artiste est très présent ­émotionnellement sur scène, ça crée une ­communion ­complète qui est ­magnifique », confie-t-il.

Mettre les mots sur les maux

Il faudra tout de même attendre une année entière avant de pouvoir revoir Yves Duteil sur une scène québécoise. À pareille date l’an prochain, le chanteur reviendra présenter les pièces de son plus récent album, Respect, paru le mois dernier. Sur cet opus, le quinzième de sa ­carrière, l’auteur-compositeur-­interprète se livre et se confie sur différents pans de sa vie, avec des textes écrits en l’honneur de membres de sa famille (sa fille, sa femme et son beau-père, notamment). Mais il profite également de Respect pour revenir sur les attentats ayant bouleversé Paris en novembre 2015.

Cette tragédie l’aura poussé à ­reprendre l’écriture afin de partager la lueur d’espoir ayant persisté en lui au cœur de cette noirceur. Mais il lui aura fallu du temps pour trouver les mots justes d’Armés d’amour.

« Quand on traverse une chose pareille, on ne se précipite pas sur le crayon, on n’a pas les mots pour en parler. Mais ces événements tristes m’ont donné envie de redevenir créateur, en mettant les mots sur ces maux », confie-t-il.


► Yves Duteil sera en spectacle dans toute la province l’an prochain. Il se produira à la salle Albert-Rousseau de Québec le 24 mars et au Théâtre Outremont de Montréal le 26 mars 2019.