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Mathieu Darche a sa dose d’adrénaline en affaires

Mathieu Darche occupe le poste de vice-président, ventes et marketing, pour le Canada au sein de l’entreprise montréalaise Delmar International.
Photo Pierre Durocher Mathieu Darche occupe le poste de vice-président, ventes et marketing, pour le Canada au sein de l’entreprise montréalaise Delmar International.

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Lorsqu’il étudiait à l’Université McGill tout en portant les couleurs des Redmen, Mathieu Darche ne savait pas s’il allait pouvoir réaliser le rêve de tout hockeyeur, soit d’atteindre la Ligue nationale.

Grâce à sa persévérance, l’attaquant originaire de Saint-Laurent est parvenu à disputer 250 matchs dans la LNH, dont 149 dans l’uniforme du Canadien.

Par contre, ce dont Darche se doutait bien, c’est que le baccalauréat en marketing et affaires internationales obtenu après quatre années d’études à McGill allait lui servir, tôt ou tard, pour gagner sa vie.

Des voyages en Asie

C’est le cas puisqu’il travaille, depuis qu’il a pris sa retraite du hockey, en 2013, pour Delmar International, une entreprise montréalaise offrant des services mondiaux d’expédition de fret, de courtage en douane, de transport commercial de marchandises et de logistique.

Michael Wagen, l’un des principaux dirigeants de cette entreprise avec les frères Robert et Paul Cutler, lui a ouvert les portes, et Darche a su gagner sa confiance au point d’occuper aujourd’hui un poste clé au sein de la compagnie, soit celui de vice-président, ventes et marketing pour le Canada.

Il dirige un groupe de 30 employés et, dans son rôle, il est aussi appelé à voyager à plusieurs endroits dans le monde pour représenter Delmar.

Darche revenait d’ailleurs d’un séjour en Chine lorsqu’il a accueilli le représentant du Journal de Montréal à son bureau.

« J’adore mon boulot, raconte-t-il. J’ai dû tout apprendre à mes débuts au sujet des opérations de cette entreprise qui compte plus de 1300 employés à travers le monde. Mike [Wagen] m’a pris sous son aile et je n’ai pas fini d’apprendre des choses à l’âge de 41 ans. »

« J’aime ressentir cette montée d’adrénaline dans mes veines lorsque je dois négocier et conclure des ententes avec d’importants clients, confie Darche. C’est similaire à ce que je ressentais lorsque je marquais un but dans la LNH. Je me considère chanceux d’avoir pu obtenir un tel emploi dès la fin de ma carrière au hockey. Disons que je n’ai pas eu le temps de me questionner bien longtemps au sujet de mon avenir. »

Quel est ton principal défi dans ton boulot chez Delmar ?

« Il faut s’assurer de bien aligner les stratégies de vente dans les divers pays avec lesquels on brasse des affaires. La compagnie a pris beaucoup d’expansion ces dernières années grâce à d’importantes acquisitions et mes responsabilités se sont accrues. La Chine représente un très gros marché pour nous et on a maintenant 10 bureaux là-bas. J’ai beaucoup voyagé en Asie ces dernières années. Mes patrons me font confiance et c’est gratifiant. Je suis très heureux de travailler au sein d’une entreprise québécoise. »

Tu as obtenu ton baccalauréat à l’Université McGill en 2000 et il te sert bien aujourd’hui. Dirais-tu que ta patience a été récompensée ?

« Oui, car je n’occuperais pas un tel poste dans la direction chez Delmar si je n’avais pas fait mes études universitaires avant d’amorcer une carrière au hockey professionnel. Dans la famille Darche, les études ont toujours été une priorité. Après avoir joué dans la NFL durant neuf saisons, mon frère Jean-Philippe pratique maintenant la médecine familiale, à Kansas City. On récolte ce que l’on a semé. »

Lorsque tu as pris ta retraite, en 2013, n’avais-tu pas laissé entendre que tu souhaitais travailler dans le monde du hockey professionnel ?

« Mon expérience à titre de membre du comité de négociations de l’Association des joueurs durant l’arrêt de travail décrété par les propriétaires de la LNH en 2012 m’a été utile. C’est comme si j’avais fait, en l’espace de six mois, une maîtrise en administration des affaires ! J’ai beaucoup appris au contact de Donald Fehr et de Gary Bettman. Je connais la convention collective par cœur. Le “management” dans le monde du sport m’intéresse encore et mes patrons chez Delmar le savent. Mais ils me traitent très bien et je me plais beaucoup dans ce poste de gestionnaire. Mes enfants sont jeunes et c’est agréable de pouvoir travailler à Montréal. »

Tu parles de tes enfants. Jouent-ils au hockey ?

« Oui. Samuel [14 ans] et Benjamin [12 ans] jouent au sein de leur équipe respective au Collège Jean de La Mennais, à La Prairie, soit dans la Ligue de hockey préparatoire scolaire (LHPS). J’ai participé activement à la création du programme de hockey à cette école et je m’en réjouis puisque ça fonctionne très bien. »

Tu occupes le poste de président de la LHPS depuis septembre 2016. Que peux-tu nous dire au sujet de l’essor de cette ligue scolaire ?

« Comme on le sait, ce circuit prône des valeurs qui sont importantes à mes yeux, soit la réussite scolaire. Le taux de graduation de nos hockeyeurs dépasse 95 %, et un bon nombre de joueurs ont été repêchés par des équipes de la LHJMQ ou se sont retrouvés au sein de formations collégiales américaines. C’est un beau succès. »

Comment décrirais-tu vos relations avec les dirigeants de Hockey Québec ?

« On a réglé nos différends avec eux [au sujet du règlement des mises en échec, notamment] et j’ai aujourd’hui une excellente relation avec le président Paul Ménard. On travaille ensemble au lieu de travailler l’un contre l’autre. J’ai aussi eu une très bonne rencontre à Québec avec le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx. La LHPS vit une belle croissance avec 25 écoles participantes et 115 équipes inscrites dans le programme, réunissant ainsi 2000 joueurs. J’ai toujours cru au système scolaire. Le hockey était le seul sport qui ne passait pas par la voie des écoles. Ça n’avait aucun sens. Les systèmes de hockey civil et de hockey scolaire se doivent de coexister. »

Tu as fait équipe avec Carey Price et Max Pacioretty et tu es resté en contact avec eux. Crois-tu qu’ils sont encore heureux de jouer pour le Canadien, après une saison aussi pénible ?

Darche a toujours eu Carey Price en très haute estime.
Photo d'archives
Darche a toujours eu Carey Price en très haute estime.

« Carey a connu une mauvaise saison, mais ça peut arriver à tout le monde. Même Sidney Crosby a déjà vécu des périodes creuses durant sa brillante carrière. Je suis persuadé que Carey saura rebondir la saison prochaine, car il demeure le meilleur gardien de la ligue. Les amateurs lui reprochent son manque d’efficacité dans les séries éliminatoires, et pourtant Carey a présenté une moyenne de buts alloués de 1,86 et un pourcentage d’arrêts de 93,3 % lors des six matchs de la série contre les Rangers le printemps dernier. Pour ce qui est de Max, je lui ai parlé au téléphone tout récemment et je ne crois pas les gens qui prétendent qu’il a demandé à être échangé. Je sais qu’il aime Montréal et ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il a acheté une résidence l’an dernier à Westmount. Max se met beaucoup de pression sur les épaules et rien n’a fonctionné pour l’équipe cette saison. C’est tout à fait normal qu’il ait ressenti de la frustration durant la saison. »

Tu as terminé ta carrière dans l’uniforme du Canadien. Quels souvenirs gardes-tu de tes saisons passées avec le CH ?

Darche, qu’on voit aux côtés de P.K. Subban sur cette photo prise en 2012, a vécu les plus beaux moments de sa carrière avec le Canadien.
Photo d'archives, Ben Pelosse
Darche, qu’on voit aux côtés de P.K. Subban sur cette photo prise en 2012, a vécu les plus beaux moments de sa carrière avec le Canadien.

« J’ai adoré ça. L’ambiance lors d’un match présenté au Centre Bell est sans pareil dans la ligue. C’était tripant et je dois dire que c’est ce qui me manque le plus aujourd’hui. Je serai toujours reconnaissant à l’égard de Julien BriseBois et de Guy Boucher. C’est grâce à eux si j’ai pu porter les couleurs du Canadien. J’ai vécu des moments magiques lors de notre long parcours durant les séries éliminatoires en 2010, et j’ai ensuite connu ma meilleure campagne dans la LNH avec une production de 12 buts et 14 passes en 59 matchs au cours de la saison 2010-2011. C’était pas mal du tout pour un joueur de quatrième trio. Malheureusement, de nouveaux dirigeants sont arrivés en 2012 et je ne faisais plus partie des plans de l’équipe. »

 

Mathieu Darche

Il a disputé 250 matchs dans la LNH, dont 149 avec le Tricolore.
Photo d'archives, Martin Chevalier
Il a disputé 250 matchs dans la LNH, dont 149 avec le Tricolore.

Mathieu Darche est né le 26 novembre 1976 à Saint-Laurent. Il réside à Candiac. Il est marié à Stéphanie Roberge, qui travaille chez Rio Tinto, à Montréal. Le couple a deux enfants, Samuel et Benjamin, qui jouent au hockey dans la Ligue de hockey préparatoire scolaire (LHPS).

EMPLOIS : vice-président, ventes et marketing, chez Delmar International ; président de la Ligue de hockey préparatoire scolaire ; analyste de hockey à RDS ; membre du conseil d’administration du Manoir Ronald McDonald

CARRIÈRE : il a disputé quatre saisons avec les Redmen de McGill et plusieurs saisons dans la Ligue américaine ; il a pris part à 250 matchs dans la Ligue nationale avec Columbus, Nashville, San Jose, Tampa et Montréal, récoltant 30 buts et 42 mentions d’aide pour 72 points ; il a aussi pris part à 18 matchs éliminatoires, amassant un but et deux passes.