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Un écart de dépenses qui fait réagir la population

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L’écart entre les riches et les pauvres se creuse et nul besoin d’être très riche pour faire partie des privilégiés, disent des chercheurs.

« De plus en plus de gens de la classe moyenne ont un sentiment d’insécurité en raison de l’endettement et de la faible augmentation des salaires », explique Julia Posca, de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques.

Depuis une semaine, plusieurs personnes se sont exprimées sur les réseaux sociaux au sujet de leurs dépenses en alimentation et en produits hygiéniques, à la suite de la publication du dossier du Journal.

« Je comprends que des gens aient bondi au plafond. La réalité sur le terrain, elle n’est pas rose », dit Benoît Duguay, chercheur en consommation à l’UQÀM.

De bien nantis à pauvres

M. Duguay rappelle que beaucoup de Québécois dépensent moins que les 210 $ par semaine, montant maximal qui resterait à une famille dont les parents travaillent au salaire minimum, parce qu’ils ne peuvent tout simplement pas se le permettre.

Reste que grâce aux impôts et aux transferts du gouvernement, l’écart entre les riches et les pauvres est plutôt stable au Québec, nuance le fiscaliste Luc Godbout.

Le Journal a demandé à une famille aisée de quatre personnes de faire le test de couper de moitié son budget alloué à l’épicerie durant tout le mois de février.

Paul Sabourin, chercheur en aide alimentaire à l’Université de Montréal, estime que cette expérience a illustré à quel point il est complexe de changer ses habitudes alimentaires quand on se retrouve soudainement pauvre après avoir été nanti.

Un point de vue que partage la Coalition des associations de consommateurs du Québec, qui a lancé une campagne de sensibilisation sur l’endettement cette semaine.

D’autres tests

Des exercices semblables à celui du Journal ont été menés à maintes reprises par des médias depuis les années 1950, relate Jean-Philippe Laperrière, chargé de cours en études urbaines à l’UQÀM.

Il en évoque un, réalisé dans les années 1980, visant à tester s’il était possible de se nourrir en suivant le guide alimentaire.

« Ça avait fait un gros débat. Les groupes sociaux ont dit que c’était très difficile. Mais les gens ont dit : “Non, non, on a un faible revenu, mais on mange très bien” », raconte-t-il.