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Un infirmier aurait caressé le sein d’une patiente

Oussaid Saidoun
Photo Martin Alarie Oussaid Saidoun a tout nié des gestes qui lui sont reprochés par l’Ordre des infirmières et infirmiers cette semaine lors des audiences du Conseil de discipline.

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Un infirmier de Montréal est accusé d’avoir caressé le sein d’une patiente, alors qu’il remplaçait un pansement près de sa poitrine.

« Il a mis la main dans mon pyjama, pris mon sein gauche et il l’a manipulé. Il a dit: “Ça, j’espère que tu ne les [tes seins] trouves pas gros, parce qu’ils sont parfaits” », a témoigné la patiente, dont l’identité est protégée, devant le Conseil de discipline de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

L’ordre professionnel reproche à Oussaid Saidoun d’avoir posé un acte dérogatoire de nature sexuelle en juin 2016 comme infirmier à l’Institut de cardiologie de Montréal.

Ce dernier a tout nié des gestes qui lui sont reprochés. Mais s’il est reconnu coupable par le Conseil de discipline, il s’expose à une radiation de cinq ans.

Compliments

La patiente dans la quarantaine était souvent hospitalisée à l’Institut en raison de sa santé cardiaque précaire. À plusieurs occasions, Oussaid Saidoun l’aurait complimentée, lui disant dans le corridor qu’elle était belle, mais il n’avait encore jamais été son infirmier traitant.

En juin 2016, elle a raconté avoir d’abord croisé l’infirmier au début de son quart de travail de soir. Elle était accompagnée de son mari, quand il lui a dit « qu’il pensait justement à elle ». Ce soir-là, elle était hospitalisée parce qu’une plaie, sous son sein gauche, s’était mal refermée à la suite d’une opération.

Lorsque sa famille a quitté la chambre, l’infirmier serait revenu la complimenter. Il aurait ensuite flatté son coude, sa cuisse et son ventre, avant de manipuler son sein.

« J’ai eu mal au cœur », a raconté la patiente.

Seins nus

L’infirmier aurait ensuite décidé de changer son pansement. La patiente, qui portait un pyjama qui se boutonnait à l’avant, a dit s’être retrouvée seins nus devant l’infirmier. Ce dernier aurait alors dit : « Enfin, je les vois. »

La patiente s’est dite incapable de le dénoncer sur le champ, elle se demandait ce qu’elle avait pu faire pour susciter une telle réaction chez l’infirmier. Elle a échangé des textos avec une amie infirmière pour lui raconter ce qu’elle venait de vivre, mais elle a perdu les messages en changeant de téléphone depuis l’incident.

Déjà victime d’attouchements quand elle était enfant, la femme a soutenu qu’elle s’était promis qu’elle ne laisserait personne lui refaire la même chose.

« Quelqu’un me l’a refait et je n’ai rien fait », a-t-elle confié avant d’éclater en sanglots.

La patiente a confié ce qu’elle avait vécu à un médecin le lendemain. Jugeant sa version crédible, l’établissement a plus tard rencontré l’infirmier, lui donnant le choix entre démissionner ou être congédié. Il a quitté son poste. L’établissement a ensuite porté plainte à l’Ordre.

Oussaid Saidoun a toutefois offert une version des faits bien différente au Conseil de discipline. Il a dit que s’il a complimenté la patiente, c’est parce qu’elle venait de lui confier qu’elle se trouvait grosse et il voulait lui remonter le moral.

Il a précisé avoir soulevé le sein de la patiente pour changer son pansement, mais pas de l’avoir caressé comme elle l’allègue. S’il a dit « avoir une belle vue », c’était parce qu’il regardait la plaie, a-t-il assuré.

Puis, il a dit avoir tâté le ventre de la femme, car elle se plaignait de douleurs. Il a témoigné lui avoir ensuite donné du Tylenol pour ses douleurs, mais qu’il a oublié d’inscrire ce médicament à son dossier.

Il a déploré ne pas avoir eu l’occasion de se défendre ou de donner sa version des faits à son établissement.

« J’ai perdu mes forces [...] je suis resté silencieux », a-t-il dit.

L’avocate de la syndique adjointe de l’OIIQ, Marie-Ève Giguère a plaidé que la patiente avait offert un « témoignage empreint de sincérité » et qu’il était normal de confondre certains détails.

Mais l’avocate de M. Saidoun, Rachel Payeur, a quant à elle soulevé les « [fausses] perceptions, exagérations et contradictions » de la patiente.

Le Conseil de discipline tranchera sur la culpabilité de l’infirmier d’ici trois mois.

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