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Les Atikamekw de Manawan réclament leur propre système ambulancier

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MONTRÉAL | Les Atikamekw de Manawan ont réclamé, lundi, la création d’un service ambulancier complet et permanent dans la communauté autochtone de Lanaudière, qui se trouve à un peu moins d’une centaine de kilomètres au nord de Saint-Michel-des-Saints.

Les Atikamekw ont présenté cette demande devant la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec lors d’une audience tenue à Montréal. Selon eux, l’absence d’un service préhospitalier dans leur communauté représente un cas de «discrimination» et de «racisme systémique» par les autorités gouvernementales québécoises.

Pour appuyer cette demande, Jeffrey Niquay a livré un troublant témoignage en racontant la noyade de sa petite fille de deux ans, Jayla, qui avait sombré dans un lac de la communauté.

«J’ai commencé les manœuvres et tout ça, mais il n’y avait personne autour de moi. Il y avait de l’eau qui sortait de Jayla et ses yeux étaient ouverts», s’est souvenu M. Niquay.

L’ambulance la plus près de Manawan se trouve à Saint-Michel-des-Saints. Les ambulanciers mettent parfois entre 1 h à 1 h 30 pour atteindre Manawan, via la route de gravier qui sépare la municipalité de la réserve. «C’est ce temps-là qui nous est fatal», a précisé le chef du Conseil des Atikamekw de Manawan, Jean-Roch Ottawa.

Dans le cas de la petite Jayla, l’ambulance a quitté Saint-Michel-des-Saints à 10 h 49 pour arriver à 11 h 52. Les ambulanciers ont prodigué des manœuvres de réanimation, avant de repartir avec l’enfant à 12 h 8 pour arriver au CLSC de Saint-Michel-des-Saints à 13 h 6. Il aura donc fallu 2 heures et 17 minutes aux ambulanciers pour faire l’aller-retour.

La jeune fille a ensuite été transférée à Joliette, puis à l’hôpital Saint-Justine, à Montréal, où elle est arrivée plus de 6 heures après sa noyade. Malgré les efforts des médecins, elle n’a pas survécu.

– D’après un reportage de Jonathan Roberge