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Avant de suggérer aux voisins d'en face de déménager

Jean-Paul Doyon, l’auteur de la pétition, se plaint des « cris répétitifs » émanant des camps de jour qui se déroulent, l’été, en face de son logement d’un immeuble de l’Office municipal d’habitation de Lévis.
Photo Didier Debusschère Jean-Paul Doyon, l’auteur de la pétition, se plaint des « cris répétitifs » émanant des camps de jour qui se déroulent, l’été, en face de son logement d’un immeuble de l’Office municipal d’habitation de Lévis.

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Lundi matin, on apprenait qu’un résident d’un bloc appartement qui donne sur une école secondaire de Lévis, avait créé une pétition, qu’il a réussi à faire signer à une quinzaine d’autres locataires de l’établissement, pour faire déménager un camp de jour, arguant que les cris répétitifs des enfants lui causaient une perte de jouissance de la vie.

Notre pauvre monsieur, ainsi que ses potes du bloc, disent qu’ils souhaitent la venue des jours de pluie pour ne plus avoir à souffrir de la présence des enfants. Ben oui, toi-chose.

Moi, je suis une personne qui prône l’ouverture à l’autre et la discussion pour régler les situations problématiques. Je suis convaincue que quand on prend la peine de se jaser dans le blanc des yeux, on arrive à trouver des solutions avant d’avoir à envisager le pire.

Alors avant de suggérer aux signataires de déménager pour éviter de déranger les enfants qui apprennent à profiter de la vie dans l’école d’en avant, j’ai pris sur moi de leur faire une petite liste non exhaustive des activités qu’ils pourraient considérer comme loisirs au lieu de chercher la noise à leur voisinage. Comme ça, tout le monde pourrait jouir des jours de beau temps.

  1. Aller prendre une marche : Le positif dans le fait d’aller marcher, c’est que plus vous allez loin, moins vous entendez les enfants d’en avant crier de façon répétée. Y’a toujours l’option d’utiliser votre voiture pour aller dans le bois ou même celle de prendre le transport en commun pour aller à la bibliothèque. Là, personne parle, pis c’est correct de chialer quand un p’tit maudit a du fun.

  2. Apprendre la méditation : c’est fou, cette activité nous permet de nous détacher tranquillement des irritants qui nous entourent, en se concentrant sur notre ressenti. En plus, c’est excellent pour la gestion de l’anxiété et du stress, tout en aidant à la pression sanguine. On apprend avec le temps à faire fi des petites affaires qui devraient pas entraver notre bien-être. Ya rien que du positif ici!

  3. Se faire des amis : je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire, mais maintenant qu’on sait qu’une quinzaine de résidents du bloc ont le passe-temps commun de chialer contre les enfants d’en avant, 8 semaines de temps pendant l’été, on a un bon point de départ pour une belle relation d’amitié saine, basée sur la haine des mini-humains qui apprennent à vivre en société grâce à l’exemple de tolérance qu’on leur montre.

  4. Devenir mélomane : la musique, ça embellit tout! Enweille Pachelbel, enterre le p’tit Gauthier qui arrête pas d’être fier de lui quand il compte un but au soccer! En plus, quand on écoute la musique bien forte, on peut écœurer ses voisins. Transfert de chicane de clocher assuré!

  5. Une bonne thérapie, aussi : ça peut pas faire de tort, d’aller gratter le bobo de votre colère contre l’incroyable domination de notre monde par le bonheur. Je dis ça de même, je vous connais pas, mais me semble qu’on a un p’tit filon à saisir ici.

  6. Le bénévolat : faire du bien autour de soi nous donne envie de faire encore plus de bien. C’est comme un cycle incessant du bien de la vie. Je suis certaine, aussi, qu’un jour vous avez ressenti de la joie en pratiquant quelque chose qui ressemble à un loisir. Imaginez comme ça pourrait être extraordinaire de faire taire les enfants en allant leur raconter une histoire, une fois de temps en temps. Ou d’aller leur apprendre ça se passait comment, les camps de vacances, dans votre temps. Ou comment c’était plus facile de se divertir sans déranger les adultes, quand vous, vous étiez un enfant.

Savez, monsieur, les enfants ils font pas exprès pour être heureux. C’est en vieillissant pis en devenant grand qu’ils apprennent à se tracasser avec des niaiseries, comme le bonheur des autres. J’espère que vous trouverez le vôtre dans l’une des activités que je vous propose, en cette Journée du Bonheur, sinon, vous pouvez toujours m’écrire, j’ai plein d’autres idées dans ma petite poche d’en arrière!