/news/politics
Navigation

Le Commissariat à la protection de la vie privée enquêtera sur Facebook

Le Commissaire à la vie privée du Canada, Daniel Therrien.
AGENCE QMI/ MATTHEW USHERWOOD Le Commissaire à la vie privée du Canada, Daniel Therrien.

Coup d'oeil sur cet article

OTTAWA | Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada a annoncé mardi qu'il se penchera sur le dossier du scandale entourant Facebook et Cambridge Analytica afin de déterminer si les renseignements personnels de Canadiens ont été touchés par cette histoire.

Le déclenchement d'une enquête en bonne et due forme, à la suite du dépôt d'une plainte formelle contre Facebook, consiste en un pas de plus de la part du commissariat. Lundi, le chien de garde de la vie privée avait indiqué qu'il avait simplement l'intention de demander à Facebook si l’affaire Cambridge Analytica s’était étendue au Canada.

Rappelons que, selon une enquête journalistique impliquant trois médias, Cambridge Analytica aurait utilisé les données personnelles de 50 millions d’utilisateurs de Facebook pour développer un logiciel permettant de prédire et d'influencer le vote d'électeurs américains. L'entreprise britannique a réagi, mardi, en suspendant son président-directeur général, Alexander Nix.

«Les allégations mentionnées dans les reportages des médias soulèvent des questions très graves du point de vue de la protection de la vie privée. Le monde numérique et les médias sociaux en particulier font partie intégrante de nos vies au quotidien et les citoyens veulent que leurs droits soient respectés», a fait valoir le commissaire Daniel Therrien, mardi, dans un communiqué.

Le commissariat visera à déterminer si Facebook a respecté la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE). Cette loi exige notamment que, dans la plupart des cas, les gens donnent leur consentement avant que leurs données puissent être collectées à des fins commerciales.

Le lanceur d'alerte banni de Facebook

Par ailleurs, le lanceur d'alerte d'origine canadienne Christopher Wylie, à l'origine de l'enquête sur Cambridge Analytica, a été banni du réseau social Facebook mardi. L'homme en a fait l'annonce sur Twitter.

Le vice-président et directeur juridique adjoint de Facebook, Paul Grewal, a confirmé la suspension du compte de M. Wylie, ainsi que des comptes d'Aleksandr Kogan et de SCL Group/Cambridge Analytica.

L'entreprise américaine a justifié cette décision en soutenant que Cambridge Analytica avait affirmé avoir détruit les données qu'elle avait collectées sur le réseau social. «Or, à la lumière de nouvelles informations laissant entendre que les données n’ont pas été détruites, nous avons pris la décision de suspendre ces trois parties de Facebook, dans l’attente de détails supplémentaires», a indiqué M. Grewal.

Le responsable a précisé que Facebook allait s'assurer que les données soient détruites et qu'elle entreprendrait «des actions à l'encontre de toutes les parties fautives».