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Tout ce que vous devez savoir pour comprendre le scandale Facebook-Cambridge Analytica

Tout ce que vous devez savoir pour comprendre le scandale Facebook-Cambridge Analytica
AFP

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Facebook se trouve dans la tourmente depuis les derniers jours. La compagnie Cambridge Analytica (CA) aurait utilisé les données personnelles de plus de 50 millions d’utilisateurs sans leur permission à des fins électorales.

Ce scandale est fort en rebondissements, alors voici ce que vous avez peut-être manqué durant les derniers jours.

CŒUR DU PROBLÈME

Des enquêtes récentes du New York Times, du journal britannique The Observer et du média britannique Channel 4 News rapportent que Cambridge Analytica, une société spécialisée dans l’analyse de données, s’est servie de renseignements de millions d’internautes pour mettre en place un logiciel qui permet de prédire et d’influencer le vote des électeurs.

Tout ce que vous devez savoir pour comprendre le scandale Facebook-Cambridge Analytica
Photo d'archives, AFP

 

La compagnie aurait utilisé cette stratégie lors de l’élection présidentielle de Donald Trump en 2016.

LANCEUR D'ALERTE

C'est Christopher Wylie qui est à l’origine de ces révélations. Le Canadien de 28 ans a participé à la mise en place du stratagème de CA. «On a instauré un système qui nous a permis d’exploiter ce qu’on savait sur [les gens] et de cibler leurs démons intérieurs. C’est l’essence même de la compagnie», a mentionné Christopher Wylie à The Observer.

 

Il ne travaille plus pour Cambridge Analytica depuis 2014.

RÉCOLTE DE DONNÉES

Christopher Wylie s’est allié au chercheur Aleksandr Kogan de l’Université de Cambridge. Ce dernier avait créé une application, approuvée par Facebook, dans le cadre de ses recherches. Il s’agissait en fait d’un test de personnalité.

Aleksandr Kogan
Photo Université de Cambridge
Aleksandr Kogan

 

Les gens étaient rémunérés pour répondre à des questions et acceptaient du même coup que leurs données soient utilisées, mais à des fins pédagogiques. Le problème est que l’application récoltait également les données des amis Facebook des participants.

Les messages, les emplois et la localisation de plus de 50 millions de personnes ont ainsi été amassés, alors que seulement 270 000 personnes ont réellement consenti aux conditions de l’application.

FACEBOOK RÉAGIT... EN 2015

Déjà en 2015, Facebook avait été mis au courant du stratagème de Cambridge Analytica. Des avocats du média social avaient alors entamé des démarches pour faire supprimer les renseignements récoltés.

Or, d’après le New York Times, la majorité de ces données, si ce n’est pas l’entièreté, se trouvent toujours entre les mains des dirigeants de CA.

ACCÈS RÉVOQUÉ

Dans la foulée de ces événements, Facebook a annoncé vendredi dernier avoir «suspendu» Cambridge Analytica.

«Il y a plusieurs jours, nous avons reçu des informations selon lesquelles, contrairement aux promesses qui nous avaient été faites, toutes les données n’ont pas été détruites», a écrit dans un communiqué Paul Grewal, vice-président et directeur juridique adjoint du réseau social américain.

CAMBRIDGE ANALYTICA SE DÉFEND

Lundi, Cambridge Analytica a «nié fermement» les allégations auxquelles elle fait face. «Ces données Facebook n’ont pas été utilisées par Cambridge Analytica dans le cadre des services fournis à la campagne présidentielle de Donald Trump» et aucune «publicité ciblée» a été réalisée «pour ce client», a soutenu l’entreprise.

Le président de Cambridge Analytica, Alexander Nix.
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Le président de Cambridge Analytica, Alexander Nix.

 

D'AUTRES RÉVÉLATIONS

Les dirigeants de CA sont également accusés d’avoir voulu piéger des hommes politiques, que ce soit à l’aide de pots de vin ou de prostituées. La chaîne de télévision Channel 4 News a en effet capté des images en caméra cachée du directeur général, Alexander Nix, qui fait de telles propositions à un journaliste, qui se fait passer pour un riche Sri Lankais désirant faire élire certaines personnes.

Dans un communiqué, CA a rétorqué que le reportage avait été «édité et scénarisé pour déformer grossièrement la nature de ces conversations et la façon dont l’entreprise gère ses activités». La compagnie a toutefois annoncé mardi qu'elle suspend son patron, Alexander Nix. Cette suspension est immédiate «dans l’attente d’une enquête complète et indépendante», a écrit Cambridge Analytica dans un communiqué.

RÉPERCUSSIONS POUR ZUCKERBERG

Le scandale fait très mal au PDG et fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg. L'entreprise a perdu six milliards de dollars en valeur boursière lundi et son PDG est appelé à comparaître devant une commission parlementaire britannique. Les parlementaires souhaitent obtenir une réponse de Zuckerberg d’ici lundi.

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LE CANADA TOUCHÉ ?

Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada a pour sa part l’intention de communiquer avec Facebook afin de savoir si les renseignements personnels de Canadiens ont été utilisés sans leur consentement.