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Affaire Cambridge Analytica: Facebook va coopérer avec Ottawa

Affaire Cambridge Analytica: Facebook va coopérer avec Ottawa
AFP

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Le géant des médias sociaux Facebook a assuré mercredi qu’il collaborera à l’enquête du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada annoncée la veille dans le dossier Cambridge Analytica.

«Nous sommes fermement engagés à protéger les données personnelles des gens et nous répondrons à toutes les questions du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada», a fait savoir Facebook dans une déclaration, quelques heures avant que son président et fondateur, Mark Zuckerberg, procède à son tour à une longue mise au point sur son propre réseau social concernant cette affaire qui a fait chuter le titre de son entreprise en bourse.

L’enquête initiée par le Commissariat a pour objectif de déterminer si Facebook a respecté la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE). Cette dernière exige que, dans la plupart des cas, les gens donnent leur consentement avant que leurs données puissent être collectées à des fins commerciales.

Rappelons que l’entreprise britannique Cambridge Analytica est accusée d’avoir utilisé les données personnelles de 50 millions d’utilisateurs de Facebook pour développer un logiciel permettant de prédire et d'influencer le vote d'électeurs américains.

Mardi, le président-directeur général de l'entreprise britannique, Alexander Nix, a été suspendu.

Dans la foulée des révélations, Facebook a fait savoir qu’elle allait s'assurer que les données soient détruites et qu'elle entreprendrait «des actions à l'encontre de toutes les parties fautives».

La ministre responsable de l’Accès à l’information et de la Réforme des institutions démocratiques, Kathleen Weil, admet être préoccupée de la possibilité que des données personnelles recueillies sur les réseaux sociaux puissent illégalement servir à des fins politiques au Québec.

«Ça inquiète. Surtout lorsqu’on voit que ces informations peuvent être utilisées pour détourner la démocratie», a-t-elle dit, mercredi, indiquant que le commissaire à l’accès à l’infirmation du Québec vérifierait si «les données des Québécois sont en jeux». Si c’est le cas, une enquête sera déclenchée.

– Avec la collaboration de Nicolas Lachance

Facebook «savait» depuis 2011, selon un militant

Facebook avait été averti dès 2011 des failles exploitées par le cabinet britannique Cambridge Analytica (CA), au coeur d’un scandale portant sur la collecte de millions de données d’utilisateurs, mais avait affirmé n’avoir aucune raison de changer de méthode, a affirmé mercredi un militant autrichien luttant pour la protection des données des utilisateurs.

Max Schrems, qui a porté plusieurs affaires devant des tribunaux européens afin de renforcer la protection des données des utilisateurs, a déclaré à l’AFP que les méthodes d’exploitation des données au centre du scandale qui secoue actuellement Facebook étaient exactement les mêmes que celles qu’il avait dénoncées dans une plainte déposée en 2011 auprès de l’Autorité irlandaise de protection des données.

Facebook est au coeur de la tourmente depuis que CA est accusée d’avoir récupéré sans leur consentement les données de 50 millions de ses utilisateurs pour mettre au point un logiciel permettant de prédire et d’influencer le vote des électeurs, afin de peser dans la campagne présidentielle de Donald Trump.

M. Schrems a déclaré que comme en 2011, il avait eu en 2012 une réunion de sept heures avec des représentants de Facebook pour une discussion portant sur les inquiétudes suscitées par l’utilisation de telles applications, mais que ces derniers avaient assuré n’y voir aucun problème.

«Ils ont explicitement dit que de leur point de vue, en utilisant le réseau vous consentez à une situation où d’autres personnes peuvent installer une application et rassembler vos données», a ajouté M. Schrems.

Facebook n’avait aucun moyen de savoir si les firmes qui recevaient les informations adhéraient aux régles de protection des données personnelles, a-t-il relevé.

«Il y a des milliers d’autres applications qui ont fait probablement exactement la même chose, la seule raison pour laquelle nous en parlons est qu’elle est liée à Trump. Mais ce n’est peut-être pas la plus grosse affaire», selon lui.

M. Schrems fonde actuellement une nouvelle association, NOYB (None Of Your Business, «Ce n’est pas vos affaires») pour aider les particuliers à défendre leurs droits conformément aux nouvelles régles de l’Union européenne qui doivent entrer en vigueur en mai.

Face au scandale, Cambridge Analytica a annoncé mardi la suspension de son patron Alexander Nix.