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Des salaires encore en hausse

La rémunération des dirigeants de Bombardier a grimpé de 12,3%, à 30,8 M$ US

GEN-BOMBARDIER-ASSEMBLEE
Photo Agence QMI, Joel Lemay Alain Bellemare, PDG de Bombardier, Pierre Beaudoin, président du conseil d’administration, et Laurent Beaudoin, administrateur, lors de l’assemblée annuelle du groupe en avril 2016.

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Malgré le tollé qu’avait suscité l’an dernier la forte hausse de la rémunération de ses grands patrons, Bombardier leur a accordé une nouvelle augmentation.

La rémunération totale des cinq plus hauts dirigeants de la multinationale québécoise a atteint 30,8 millions $ US (39 millions $ CA) en 2017, soit 12,3 % de plus qu’en 2016. En incluant le traitement du président du conseil d’administration, Pierre Beaudoin, le total s’est chiffré à 33,4 M$ US, en hausse de 7 %.

Les émoluments de M. Beaudoin sont passés de 3,9 à 2,6 millions $ US du fait qu’il a abandonné la gestion quotidienne de l’entreprise en juin 2017 en réaction à la grogne populaire.

Compensations

En revanche, la rémunération du PDG, Alain Bellemare, a bondi de 12 % en 2017 pour atteindre 10,6 M$ US. Ses attributions en actions et en options ont diminué, mais son bonus en argent a crû de 34 % pour atteindre 3,2 M$ US. M. Bellemare a aussi eu droit à 2,2 M$ US pour compenser la baisse du dollar canadien et couvrir ses frais de déménagement au Québec.

« Le conseil aurait pu faire preuve d’un peu plus de retenue. Ne serait-ce que pour une question d’image, on aurait pu attendre un an ou deux avant de hausser la rémunération », dit Michel Nadeau, directeur général de l’Institut sur la gouvernance, tout en reconnaissant que les résultats financiers de Bombardier se sont améliorés.

En 2017, le bénéfice d’exploitation ajusté a augmenté de 57 % tandis que les liquidités ont crû de 250 M$ US. De plus, l’action de l’entreprise a gagné 80 % au cours des 12 derniers mois.

C Series

Mais pour le public et les travailleurs de Bombardier, l’année a été surtout marquée par la cession du programme d’avions C Series à Airbus pour 0 $.

Il y a un an, la hausse de 48 % de la rémunération consentie aux grands patrons avait causé une telle commotion que des centaines de personnes avaient manifesté devant le siège social de Bombardier, à Montréal.

Même le gouvernement Couillard, qui a injecté 1 milliard $ US dans la C Series, avait invité l’entreprise à revoir sa politique de rémunération.

Retraite

Bombardier a par ailleurs annoncé que Laurent Beaudoin, gendre de Joseph-Armand Bombardier, allait quitter le conseil de l’entreprise le 3 mai, 10 jours avant de célébrer son 80e anniversaire de naissance. Il est administrateur depuis 1963.

Enfin, Bombardier a conclu vendredi une émission d’actions de 500 M$ US. La famille Bombardier-Beaudoin détient désormais 51,5 % des droits de vote de l’entreprise, contre 53,2 % auparavant.

L’action de Bombardier a clôturé à 3,77 $ vendredi, en baisse d’un cent, à la Bourse de Toronto.