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Aie, chose !

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Monsieur, Madame. Ces deux mots ont été au cœur de l’actualité cette semaine, quand on a appris qu’ils posaient problème chez Service Canada. Pourrons-nous désormais appeler un homme monsieur et une femme madame ? Pas vraiment. Pas avant de leur avoir demandé, en fait.

Monsieur/Madame

Que le charmant bourgeois bedonnant et barbu devant moi soit un homme ne devrait plus être considéré comme allant de soi. De même, je ne saurais supposer que la dame aux longs cheveux qui porte une robe et du rouge à lèvres est une femme. Il n’y a plus d’évidences. Faudra-t-il dire : « Aie, chose ! » ?

Le ministre, ensuite, a patiné pour nuancer la chose. Il a trouvé pour le soutenir dans les journaux des petits malins qui nous invitent à circuler en nous disant qu’il n’y a rien à voir. Derrière la défense du simple bon sens et de la courtoisie, ils veulent voir une transphobie décomplexée et une homophobie refoulée.

Voyons plus largement. Notre société bascule du respect des droits des minorités à la tyrannie des minorités. Qu’il faille tenir compte de la situation des trans pour l’améliorer, tous en conviennent. Mais on ne saurait justifier, au nom de cela, la déconstruction active des repères symboliques et culturels de l’immense majorité de la population. Nous ne saurions prendre la situation des trans pour la nouvelle norme sociale et identitaire.

La dualité sexuelle fondatrice de l’humanité ne saurait être niée.

Censure

Tout cela devrait aller de soi. Mais tel n’est plus le cas. La rectitude politique étend son empire. De peur d’avoir l’air raciste, combien sont-ils à s’interdire toute critique des seuils d’immigration ? De même, de peur de se faire insulter par le lobby trans, qui pourrait les accuser de transphobie, combien sont-ils à dédramatiser l’effacement graduel du Monsieur/Madame en se cachant derrière l’évolution des mentalités ?

Si le ridicule tuait, le gouvernement Trudeau serait décimé.