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Jodhpur, la ville bleue

Le fort Mehrangarh surplombe la ville de Jodhpur
Photo Sarah-Émilie Nault Le fort Mehrangarh surplombe la ville de Jodhpur

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Des villes somptueuses portées par une riche histoire, des montagnes dorées que l’on gravit par pur plaisir, une culture et des traditions anciennes fascinantes, un peuple accueillant et fier : le Rajasthan, dans le nord-ouest de l’Inde, fait partie de ces lieux magiques que l’on découvre les yeux et le cœur grands ouverts.

Assoiffés d’aventure, de paysages majestueux et de rencontres qui bouleversent ? Bienvenue dans la ville indienne de Jodhpur.

Depuis la terrasse sur le toit de l’hôtel Singhvi Haveli, le point de vue sur la ville de Jodhpur frôle la perfection. Droit devant se dresse le fort de Mehrangarh, dont les hauts murs de dentelle veillent à la fois sur les nombreux palais intérieurs et sur la cité. Tout autour s’étend cette ville bleue mythique. S’offrant dans divers tons de blanc, de beige et de bleu, les immeubles et les maisons de Jodhpur s’accordent entièrement au bleu vif du ciel du Rajasthan.

Le petit palais Jaswant Thada
Photo Sarah-Émilie Nault
Le petit palais Jaswant Thada

Plus bas, dans les ruelles étroites et grouillantes de la ville, tout déplacement prend des airs de chorégraphie que l’on croirait méticuleusement étudiée. Si la balade en rickshaw reste la manière la plus sécuritaire de plonger dans cette folie, c’est qu’elle permet d’admirer, au passage, les scènes inédites de cette vie quotidienne représentative de l’Inde du Nord.

La tour de l’horloge, à Jodhpur
Photo Sarah-Émilie Nault
La tour de l’horloge, à Jodhpur

À Jodhpur, chaque coup d’œil offre son lot de merveilles : de somptueuses portes savamment travaillées, de petits temples sommairement érigés, des hommes regroupés pour une partie de cartes, des enfants saluant avidement les étrangers, des cercles de femmes vêtues de leurs saris colorés.

Un marché à Jodhpur, en Inde
Photo Sarah-Émilie Nault
Un marché à Jodhpur, en Inde

Du site calme et éloigné abritant le petit palais de marbre blanc de Jaswant Thada (cénotaphe érigé en 1899 en mémoire du Maharaja Jaswant Singh) à l’animé marché Sardar s’éparpillant au pied de la tour de l’horloge, la ville bleue se fait tour à tour exubérante, savoureuse, captivante et attachante. Douce aussi, comme une soirée sous les étoiles à la terrasse sur le toit du Stepwell Cafe ou comme le bonheur de pouvoir aider des travailleuses diplômées des centres Sambhali Empowerment en se procurant leurs pièces d’artisanat vendues à l’éthique boutique Sambhali.

DES SITES UTILES

Pour en savoir plus sur l’État du Rajasthan, on visite :

 tourism.rajasthan.gov.in

Turkish Airlines, entre autres compagnies aériennes, offre des vols Montréal-Istanbul-Delhi avec escale possible à Istanbul sans frais supplémentaires.

 www.turkishairlines.com

 

RENCONTRES DANS LE DÉSERT DU THAR

Notre vieille jeep militaire soulève la poussière du « pays de la mort ». Le temps d’un safari de quelques heures, nous parcourons la région de Marwar, à une trentaine de kilomètres de Jodhpur.

Au quartier des potiers — un minuscule village composé de maisons recouvertes de poussière de pierre de sable —, la poterie se fait à la manière ancienne. C’est ici que sont créés, à la main, les pots servant de réservoirs d’eau du village et que nous suivons un cours de poterie express.

Au village des Bishnois, lieu de naissance du premier regroupement écologiste au monde, nous sommes fascinés par l’histoire, les traditions et les 29 principes guidant le quotidien. Respect de la Terre et de toute forme de vie, végétarisme, protection des arbres et des animaux : la communauté créée autour de 1450 par le gourou Jambaji est depuis longtemps menée par une conscience écologique avant-gardiste.

Au cœur de la chaleur du désert, nous assistons à la reconstitution d’une cérémonie d’opium, célébration persistant à l’occasion de mariages et de grandes réunions familiales dans les petits villages du Rajasthan.

Les rues de Jodhpur
Photo Sarah-Émilie Nault
Les rues de Jodhpur

« Notre famille est composée de tisserands, depuis vingt générations, nous explique ensuite l’homme à la tête du micro village dans la communauté de Viver. Cet art est dans notre sang. » Sous les huttes aux toits de feuilles séchées par le soleil de plomb, il tisse en famille, pendant plus d’une dizaine d’heures chaque jour, des tapis aux designs traditionnels du Rajasthan.

Les tapis qu’ils déroulent devant nous sont de véritables œuvres d’art composées de coton, de jute, de poils de chameau ou de mouton. Quant à la quarantaine de motifs traditionnels qui les composent, ils sont autant ancrés au fond de son cœur qu’au bout de ses doigts et au creux de sa mémoire.

 

LA VILLE ET LES MONTAGNES D’UDAIPUR

Pour nous, il s’agit d’un trek de quelques heures dans les montagnes cuivrées des Aravalli. Pour les habitants du village de Morwania et des environs, c’est plutôt le chemin quotidien pour aller chercher de l’eau, travailler dans les champs ou atteindre la route pour emprunter le transport public menant en ville ou à l’école.

Dans les monts Aravalli
Photo Sarah-Émilie Nault
Dans les monts Aravalli

À une dizaine de kilomètres de la ville d’Udaipur — la jolie « Venise indienne » —, la randonnée dans les sentiers sinueux comble toutes nos attentes. Le calme venant avec l’éloignement de la bruyante ville fait un bien fou. Tout comme la « fraîcheur » du petit matin.

Ville d’Udaipur, au Rajasthan
Photo Sarah-Émilie Nault
Ville d’Udaipur, au Rajasthan

S’il parle peu anglais, Chandan, le guide de cette balade, connaît les Aravalli comme le fond de sa poche. Le long de la route, les rencontres se font plutôt rares. Au loin, des taches de couleur attirent parfois notre regard vers les champs de blé. Même au travail et à des lieues de la ville, les femmes sont parées de leurs magnifiques saris.

Les toits de Jodhpur
Photo Sarah-Émilie Nault
Les toits de Jodhpur

Nous croisons deux des cinq villages nichés dans la région. Des commu­nautés formées de familles de fermiers vivant dans des maisons en terre que le gouvernement a récemment dotées de toilettes communes et d’un système sanitaire de base. Au loin s’élève le temple Ubeshwarji dédié au dieu Shiva.

Plus tard dans la journée, c’est à vélo que l’on parcourt la ville d’Udaipur. La « ville des lacs » se fait aussi charmante qu’exaltée lors de cette balade d’une vingtaine de kilomètres à vélo de montagne (circulation et folie des routes indiennes obligent).

Vue sur la ville d’Udaipur
Photo Sarah-Émilie Nault
Vue sur la ville d’Udaipur

Ainsi avons-nous pu prendre le pouls de cette ville abritant le lac Pichola, le fameux City Palace, le quartier Amrai, le temple Jagdish et divers bazars et marchés (d’épices, de légumes, d’artisanat) à la hauteur de leur renommée.