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Les jeunes des Laurentides champions de la chlamydia

Dr. Éric Goyer
Photo Dave Parent Éric Goyer, Docteur

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Les Laurentides sont aux prises avec une forte augmentation des cas de chlamydia chez les jeunes, et les autorités croient devoir changer de stratégie pour la contrer.

Pas moins de 64 % des nouveaux cas de chlamydia recensés dans les Laurentides se retrouvent chez des jeunes de 15 à 24 ans, ce qui inquiète la Direction de la Santé publique.

« On est les champions de l’incidence de la chlamydia [chez les jeunes], et les principales infections de syphilis et de gonorrhée sont en augmentation dans la région », déplore le Dr Éric Goyer, directeur de la santé publique des Laurentides.

Drogue, alcool et tabac

Le nombre de Québécois sexuellement actifs ayant contracté la chlamydia s’élève à 3 % au Québec, mais près de 60 % des cas rapportés touchent les jeunes de 15 à 24 ans, selon les statistiques de 2016, les plus récentes disponibles.

Selon les données recueillies par la Santé publique, les jeunes des Laurentides seraient plus enclins à expérimenter la drogue, l’alcool, le tabac ou la sexualité que ceux des autres régions du Québec, ce qui pourrait avoir une incidence sur les statistiques.

Éducation sexuelle

L’absence de cours d’éducation sexuelle dans les écoles pendant des années pourrait aussi avoir joué un rôle dans le nombre de cas de chlamydia chez les jeunes.

« La nature a horreur du vide, donc les jeunes sont allés chercher de l’information là où elle se trouve, et souvent, c’est internet, donc la pornographie, et je pense que ça a eu un rôle », ajoute le Dr Goyer.

La Santé publique des Laurentides admet qu’elle doit changer son approche pour sensibiliser les jeunes.

Elle croit que de parler de sexualité uniquement en termes d’infections ou de maladies n’est plus la meilleure stratégie. L’organisme compte désormais aborder le sujet de la sexualité dans tous ses aspects.

En retard

« Je pense qu’on n’a pas trouvé la clé ou qu’on est en retard en matière de communication. Les jeunes savent très bien s’exprimer, mais il y a quelque chose dans notre discours qui fait que ça ne vient pas les chercher. Il y a d’autres secteurs où ils sont très perméables à d’autres influences [comme les jeux vidéo] », constate le Dr Goyer.

D’autres solutions concrètes sont aussi envisagées afin de renverser la vapeur.

« Si on enlève les irritants par rapport au dépistage en ayant des tests plus accessibles, en ayant des services plus près, plus d’heures d’ouverture, ça pourrait aider », conclut Annie-Claude Fafard, agente de planification, programmation et recherche à la Santé publique des Laurentides.

– En collaboration avec monjournal.ca